Café Crème

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Farniente

Farniente, Cognac

Cognac, automne 2008.

Trente minutes

Trente minutes, c’est le temps que j’ai pu passer hier soir avec le fiston, à parler un peu, à jouer un peu aussi et visiblement il n’avait pas envie que ça s’arrête car il s’arrangeait très intelligemment pour que nos jeux se prolongent quand bien même l’issue était proche et le vainqueur quasi désigné. Je me suis plié de bonne grâce à son jeu et sans faire mine de quoi que ce soit, j’ai fait pareil de mon côté ! Prochaine étape, une heure ensemble la semaine prochaine. Je sens qu’il est demandeur sans oser — ou pouvoir — le revendiquer et c’est avec soulagement qu’il me donne son accord lorsque je lui propose un autre rendez-vous.

Trente minutes, c’est aussi le temps que j’ai passé en audience de conciliation, ce matin. Je ne suis pas certain d’avoir le droit de communiquer sur le contenu des débats alors je vais m’abstenir, mais dans l’ensemble c’est un quasi statut quo en ce qui concerne la garde, l’autorité parentale et le domicile du petit bonhomme, quand au reste, c’est en délibéré. Je devrais connaître la décision du juge d’ici quelques jours ou semaines, c’est très variable il paraît. En tout cas le délibéré est fixé à la semaine prochaine, dans sept jours, ensuite…

C’est une période un peu étrange que je vis en ce moment. C’était la première fois que je mettais les pieds dans un tribunal. C’était la première fois que je voyais cette machine à trancher, à décider, à juger en route et je me suis senti très penaud, maladroit, et avec un trac assez considérable face à ce juge. Ne pas paraître agressif ni vindicatif, penser uniquement à la suite, aux suites et laisser le juge se faire une opinion de ce que nos avocats ont pu évoquer. Mon plus grand étonnement sera tout de même la vitesse à laquelle tout ça s’est passé. Trente minutes, ça passe vite, très vite…

En attendant que d’autres nous disent le droit je continue le réapprivoisement du petit bonhomme, c’est en bonne voie — mon cœur me le dit —, et j’espère pouvoir le reprendre avec moi plus durablement d’ici quelque temps.

On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince