Courbes
Laisser les doigts parcourir les courbes, sentir la légère pression lorsqu’ils rencontrent un changement de direction, soulager aussitôt le mouvement pour continuer le chemin, avancer et découvrir d’autres horizons. L’autre main emporte ses doigts ailleurs, pétrit quand la première effleure, puis soudain le contraire ou plus rien. L’attente… l’attente… changer d’endroit, poser la main à plat, la relever au bout de quelques longues secondes. Chaleur, douceur.
Deux creux émouvants où le doigt seul peut se promener à moins qu’un baiser léger ne donne quelques frissons. Zébrures solides sous la peau tendue, qui forment des sillons à suivre tranquillement vers la ligne qui remonte. Monter en comptant, en contournant, simplement. Un doigt puis les dix entrecroisés, puis encore un ou alors cinq seulement… où sont partis les autres ? Ah ! En bas, ils sont retournés tracer les contours des fossettes. Les charmantes, les troublantes. Chaleur, tendre.
Un souffle dans la nuque, chaud, léger, puis un, puis deux doigts viennent se poser et caresser l’endroit délicat, fragile, sensible, ô combien sensible. Vibration légère… Contour des épaules, rondes, courbes, le creux de la main s’attarde pour recouvrir. Chaleur, vigueur. Nouvelles courbes, qui s’évasent et qui remontent. Nouvelle texture, plus fine, plus délicate encore. Deux, l’un après l’autre, découvrir, parcourir les lignes de crêtes, les sommets après en avoir fait quelques tours, les englober. Chaleur, vibration.
Le duvet fin et délicat d’une joue, effleuré. La main contient le visage qui vient s’y poser. L’autre s’approche et enfin un baiser long, doux, tendre. Courbe des yeux, le regard suit puis s’oublie, les paupières se referment pour sublimer les autres sensations. Chaleur, confiance. Les mains repartent, l’une après l’autre, les doigts se posant, ici et là, au gré de l’inspiration. Puis laisser les lèvres parcourir d’autres chemins, déposer un souffle de loin en loin, pour surprendre. D’autres endroits encore inexplorés se tendent en espérant une visite, un passage, un soupir. Le temps ne compte pas, patience. Le temps est pressé, avidité. Hors du temps, présence. Chaleur, froissée.
Accentuer la pression, les deux mains en conque, après les fossettes. Relever en ne laissant qu’un doigt polisson, polisson… pas tant que ça, pas encore. Sillons contemplés, retracés, où le doigt avance pour montrer le chemin délicat qui suivra, plus tard. Pause, sentir, ressentir, apaiser et recommencer. Chaleur, humide. Hésitation ? Non. Refaire les pas à l’envers avec les lèvres, doucement, arrêter, recommencer, sans fin. Repartir ailleurs, revenir, hésiter, attendre, se décider, attendre… puis goûter, enfin. Découvrir d’autres vallées, d’autres monts, courbes, courbes encore, toujours. Chaleur, fraicheur.
Vibrations…
J’aime ces courbes, j’aime ses courbes.
Benjamin
le samedi 2 août 2008
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Commentaires
c'est pleins d'émotions de sentiments, de tendresses et joliment écrit !
moi aussi, moi aussi ! joli texte doux et tendre à plaisir...