Café Crème

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Mot-clé : bonheur

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lundi 29 décembre 2008

Repos

Côte normande, automne 2008

Côte normande, automne 2008.

dimanche 7 décembre 2008

Trac

Retour sur une journée spéciale. Spéciale parce que c’était la première que j’ai pu passer en tête à tête avec le fiston depuis plus de deux mois. On m’avait promis un refus obstiné de venir avec moi, un refus obstiné de venir chez moi passer quelques instants, un refus obstiné de simplement me dire plus de trois phrases au téléphone. On avait raison jusqu’à ce que j’arrive pour l’emmener. Il s’était caché dans la salle de bain, avait fermé celle-ci à clé. Je lui ai demandé de m’ouvrir, sans élever la voix et quasiment aussitôt j’ai entendu le verrou tourner, la porte s’ouvrir et lorsqu’enfin j’ai vu son visage, il portait un large sourire, vous savez, un de ceux qui monte de chaque côté jusqu’aux oreilles !

Il est sorti, a maladroitement tenté de me donner un coup de pied ou deux, parce que c’était la sanction promise par “on”, parce que soit-disant c’était le seul moyen pour lui de me signifier son refus ou sa colère. Sauf que les coups de pieds étaient accompagnés d’un rire franc et du même et large sourire. On a joué comme ça une minute, histoire de donner le change à “on” qui ne manquera probablement pas de témoigner qu’il avait voulu se battre avec moi, la belle affaire, et enfin j’ai donné le signal du départ. Chaussures, manteau, gants, écharpe et bonnet, sans oublier bien sûr une caisse en plastique contenant son trésor du moment, quelques dizaines de voitures.

J’avais le trac en montant mais il n’est pas resté longtemps. Quelques secondes, le temps de voir le premier sourire et il s’est effacé aussitôt devant le plaisir et le bonheur de le retrouver. Départ ensuite pour ailleurs et nous avons commencé à discuter dans la voiture pour savoir s’il valait mieux manger ici ou là, s’il avait envie d’aller visiter un joli aquarium dont j’avais entendu parler à la Porte Dorée et finalement nous avons convenu de passer chez moi, de déjeuner et ensuite nous irions à l’aquarium en bus et métro. Il était ravi du programme et pour tout dire moi aussi. On a tout de même pris le temps de regarder un film sur l’ordinateur, avec quelques douceurs parce que c’est meilleur avec et ensuite direction les poissons en tramway et bus. Oui on avait trouvé que le tramway c’était plus chouette que le métro, donc tramway nous avions choisi.

Quelques centaines de poissons plus tard — et quelques dizaines de photos dans l’appareil, de quoi agrémenter un peu ici dans quelques jours ou semaines —, et deux crocodiles dont on a pas vu bouger le moindre cil et ce n’est pas faute d’avoir essayé de les animer un peu en criant après, nous sommes ressortis pour retourner goûter à la maison avant que je le ramène. Le temps est passé sans ennui, et apparemment il est revenu plutôt content et passablement fatigué de sa journée, au point de faire un somme réparateur dans la voiture pendant que je négociais quelques bouchons.

Conclusion, ne pas croire ce que l’adulte traduit de ce que l’enfant raconte, c’est souvent compris de travers ou alors le filtre est trop épais pour que la réalité puisse le traverser sans trop de dégâts. En attendant j’ai rendez-vous mardi soir pour un MacDo promis, il adore et moi je … subis, mais bon, et puis ensuite les quelques premiers jours des vacances de Noël, jusqu’au réveillon du 24 compris — j’ai proposé de raccourcir ma période pour qu’il puisse passer le jour de Noël avec sa mère. Vous savez quoi ? Il n’avait pas compris ça et pensait qu’il allait rester avec moi jusqu’à la fin de la première semaine et n’avait cependant pas du tout l’air d’être traumatisé par cette éventualité. Et dire que “on” répétait à l’envi qu’il n’arrêtait pas de dire à tout le monde qu’il ne voulait plus venir chez moi…

Boudiou que je l’aime ce gamin.

mardi 11 novembre 2008

Dix minutes

J’ai enfin pu le rencontrer, lui parler, pendant une petite dizaine de minutes. Juste le temps de reprendre le contact, comme s’il fallait que nous nous apprivoisions de nouveau, doucement. C’était la semaine dernière, jeudi soir dernier. Cela faisait un mois quasiment que je n’avais pu l’embrasser, lui dire en face que je l’aimais, qu’il me manquait. Dix minutes qui m’ont paru des heures tellement c’était agréable de le voir.

Il avait fallu négocier avec lui, renoncer à le faire descendre dans le square en bas pour que nous nous parlions, expliquer à sa mère que je viendrais en scooter et qu’il était par conséquent hors de question que je l’emmène quelque part. Finalement il a accepté que je vienne le voir dans sa chambre, pendant quelques minutes. Je suis venu, j’ai laissé mon scooter en bas, j’ai pris l’ascenseur et j’ai sonné. Elle m’a ouvert et m’a juste dit « Il est dans sa chambre mais il ne veut toujours pas te voir », avant de retourner dans le salon. Au passage, elle a tourné la tête vers le couloir qui donne vers les chambres et lui a dit « Tu n’as qu’à lui dire toi-même ! ».

Je me suis avancé et me suis posté devant la porte de sa chambre qui était grande ouverte. Il s’était caché derrière son lit et faisait un vacarme d’enfer en essayant de se dissimuler. Le trac, peut-être. Je l’ai appelé en lui montrant mon casque que j’avais encore à la main. Je ne sais pas si c’est le ton de ma voix, mais il a aussitôt surgi de sa cachette et s’est levé. Curieusement je l’ai trouvé grandi, comme s’il avait prit quelques années en quelques mois. Dans la tête probablement que oui. Je me suis agenouillé sur le sol et j’ai commencé à lui parler.

De tout, de rien, rien de culpabilisant, simplement pour savoir comment il allait, s’il s’amusait, s’il arrivait à travailler un peu, s’il avait repris goût à tout ce qu’il avait abandonné depuis quelques mois. Je lui ai parlé de projets que j’avais, de choses que je voulais faire avec lui quand il en aurait envie, en précisant toutefois que ça me manquait qu’on ne fasse plus rien ensemble. C’est encore trop tôt je crois. Dix minutes ont passé comme ça, simplement, à discuter et à s’embrasser une fois puis deux. Il était soulagé, moi aussi, ô combien.

Nous avons convenu de nous revoir encore, de la même façon, la semaine suivante. Jeudi…

jeudi 9 octobre 2008

Lakmé et l'Oulipo

J’écoute en ce moment cet opéra qui m’apaise, qui m’a apaisé depuis quelques mois, à chaque fois que je l’écoutais. Un air surtout m’enchante, le « Duo des fleurs », un air qui m’a tenu hors de l’eau alors que j’aurais mille fois pu abandonner. Depuis longtemps j’ai un attrait particulier pour l’opéra. Je suis un parfait néophyte dans ce domaine. Je vais quand je peux à l’opéra, faisant confiance à d’autres plus érudits pour le choix des œuvres auxquelles je vais assister et à chaque fois je suis embarqué, comme un gamin j’absorbe, je me plonge dedans, je m’oublie et j’oublie mon environnement pour n’être plus tendu que vers ce que je ressens. Souvent, entre les actes, lors de l’entracte, j’essaye de suivre — et de comprendre, mais c’est singulièrement compliqué — les discussions des passionnés qui jugent et commentent les prestations auxquelles ils viennent d’assister. Comment juger une voix, un jeu d’acteur, comment décider si la mise en scène sert l’auteur ou l’œuvre ou au contraire la dessert.

Je me souviens en ce moment d’un texte qui m’a réjouit, de ces mots qui m’enchantent depuis quelques mois, à chaque fois que j’en lis. Un jeudi soir, passé parmi des ménestrels de la langue française, à les écouter se glisser à travers des contraintes plus étonnantes les unes que les autres. Ils m’apparaissent tels des savants — de ceux qui savent — de l’usage des mots, de la façon qu’il convient de les ordonner, de les assembler, pour à chaque fois découvrir de nouvelles façons de nous enchanter. Ils m’apparaissent aussi tels des clowns qui possèdent tant de dons pour nous séduire, ils jouent, ils jubilent et nous font partager leurs bonheurs. Je suis resté une heure environ, à les écouter déclamer textes et poèmes, sans chercher la ou les contraintes, oubliant même qu’il pu y en avoir, alors que les aguerris devaient probablement les reconnaitre à coup sûr. Je me suis dit que ce devait être une gymnastique particulière de l’esprit que d’être capable d’analyser un texte tout en l’écoutant pour y déceler la ou les clés. J’ai encore du chemin à parcourir.

Je suis un presque néophyte dans ce domaine. J’ai goûté, j’apprécie, je commence à entrevoir l’infinie diversité — j’en avais une intuition de technicien ou de mathématicien, une combinatoire de mots toute simple, façon de parler — de ce qu’on peut, avec un peu d’astuce, et ils en ont assurément, écrire. Je suis avide d’apprendre et effet pervers je trouve de moins en moins abouti ce que j’ai pu commettre depuis quelque temps ! En effet, peu après l’ouverture de ce carnet, j’avais publié le premier chapitre d’un roman que j’avais commencé. Pendant longtemps j’ai pensé que ces premiers mots convenaient et pourtant, il y a quelques jours, en les relisant, j’ai compris que je n’avais pas fini de les réécrire. Il va falloir que je remette quelques ouvrages sur l’établi, le fini d’hier n’ayant plus du tout cet aspect que je croyais définitif.

Tu comprends mieux la différence qui existe entre un blogueur et un écrivain. Le blogueur publie alors que l’écrivain réécrit sans cesse.

Kozlika

Oui je comprends mieux le travail qu’écrire implique, je comprends mieux la qualité de ceux qui peuvent d’un jet trouver une belle tournure de phrase, enchaîner les mots et les idées sans coups férir. Je comprends un peu mieux l’attrait qu’à pour moi l’écriture, qui possède un reflet particulier, qui éveille une part intime de moi-même. Je ne me sens pas écrivain ni romancier ni poète, surtout ayant fait connaissance de quelques pointures dans ces domaines, je ne me sens plus trop blogueur — le temps est moins disponible même si l’envie n’a pas varié. Je suis quelque part entre les deux, avec le désir d’écrire, l’envie d’être lu bien sûr et surtout de susciter des émotions. Quelque part entre les deux, comme ce texte/poème (dixit Kozlika toujours) publié il y a quelques jours. Pas de vers, pas de prose, un mélange des deux peut-être, avec simplement une structure répétée sert de fil conducteur. Je me demande tout de même si un Oulipien n’y découvrirait pas quelques contraintes particulières !

dimanche 21 septembre 2008

Pendue

Voilà. Je viens de refermer la porte sur les derniers qui viennent juste de partir. Depuis le tout début de l’après-midi où la sonnette a retenti pour la première fois jusqu’au dernier coup ce soir, alors que le chili était en train de mijoter doucement, se sont succédé une ribambelle d’amis. Certains sont venus pour passer quelques instants, le temps d’un café ou d’un goûter léger, d’autres sont arrivés et sont restés longtemps, parfois même plus qu’ils n’avaient prévu en venant. Pas un seul instant sans avoir quelqu’un dans ma maison, j’ai passé une journée inoubliable et malgré la fatigue que j’éprouve ce soir, je suis heureux.

Du brunch au souper, du café à la bière brune ou blonde partagée. Des jeunes et des moins jeunes, je les ai observés s’assoir, discuter (ou pas d’ailleurs), simplement profiter d’être là un moment, parler beaucoup, rire souvent. Parfois il a fallu se serrer un peu, c’est petit chez moi, mais finalement chacun a pu trouver un coin où se poser, même si le jeu des chaises musicales à joué quelques tours pendables à certains.

Des voisins, une voisine, quelques moins voisins et moins voisines mais du coin tout de même. Des qui sont venus en voiture, des qui sont venus en transports en commun, un qui a souffert d’avoir pédalé depuis si loin. Des qui sont venus à pied en quelques minutes, des qui sont venus en faisant un très long voyage simplement pour être présents — ils m’ont fait un plaisir immense quand je les ai découverts tous les deux devant la porte lorsqu’ils ont sonné, vraiment.

J’ai pendu cette crémaillère, la première. Je réalise enfin ce que signifie avoir un chez-soi où je peux vous accueillir enfin et je vais m’endormir avec de beaux souvenirs. Merci mes amis !

mercredi 3 septembre 2008

La veilleuse

Une petite veilleuse, une petite flamme, voilà que j’ai découvert que j’avais ça quelque part dans mes bagages et depuis longtemps. Un je-ne-sais-quoi qui me fait tenir debout malgré les coups, espérer malgré l’insistance de madame La-Poisse et de monsieur Coup-du-Sort. Je me sens fragile, on me dit que je suis fort. Je me sens balloté d’un bord à l’autre, on m’assure que je garde le cap. C’est étonnant de ne pas se connaître ou se voir comme les autres le font.

Je me souviens d’une discussion pendant laquelle une amie me disait que pendant une période sombre de sa vie, son fils lui avait dit ne pas aimer qu’il n’y ait plus la petite lumière dans ses yeux. Parfois elle est si ténue qu’elle paraît absente, mais en fait elle est plus loin, à l’intérieur, à l’abri, prête à rejaillir et à allumer le corps et l’âme toute entière. Souvent elle vacille, souvent elle menace de s’éteindre et pourtant il ne faut pas grand chose pour la rendre plus vivace, un sourire, un mot, un ami, une épaule accueillante ou un abri. Alors parfois il faut faire sortir quelques larmes pour éviter de l’éteindre définitivement, parfois il faut souffler pour la rendre moins sensible. Les coups sont parfois si durs qu’on en oublie sa présence, et pourtant elle est là, qui attend.

Avoir le droit d’être heureux, ne pas culpabiliser parce que des choses biens nous arrivent soudain. C’est difficile alors que cela me paraissait être l’exception depuis longtemps. J’ai toujours eu le sentiment que ce droit là ne pouvait s’obtenir qu’à la condition qu’il n’y ait plus de tracas prévisibles, pour personne de mon entourage. Oublier le souci du lendemain pour profiter d’aujourd’hui. Et pourtant je me réveille souvent chaque nuit, et je rumine en attendant un hypothétique apaisement. Depuis toujours j’attends ce moment utopique où tout ira bien, pour longtemps. Plus de problèmes, plus de tracas, la belle vie. Que nenni, chaque jour apporte son lot d’embarras, souvent bénins, parfois pénibles, mais ce sont aussi des petites victoires que de les surmonter. Comme un moyen de reprendre confiance en soi. Chaque jour apporte aussi son lot de bonheurs, petits et grands, il faut aussi y prendre garde, simplement.

Cette amie m’a dit que j’avais cette petite flamme, toujours présente, depuis longtemps, depuis toujours et que c’est elle qui me rend fort. C’est en me rendant compte de cela que des larmes d’apaisement ont coulé, parce que l’émotion de sentir cette vérité était trop forte, c’était tellement évident. Depuis, je me sens plus … apaisé, pas totalement, mais un peu plus qu’avant.

jeudi 28 août 2008

Trente

Ce n’est pas mon âge, je suis bien plus jeune vieux. Ce n’est pas le nombre de copains que j’ai, ils sont beaucoup plus nombreux — en fait je ne les ai pas comptés, mais je suis sûr qu’il y en a plus. Ce n’est pas non plus mon poids actuel, bien qu’il ait considérablement diminué depuis quelques mois, au point que je commence à me sentir léger, ce qui est drôlement agréable après avoir (trans)porté mon quasi quintal pendant cinq ans.

Trente, comme trente mètres carrés, comme les trente mètres carrés où je peux enfin poser mes affaires définitivement — je sais que c’est relatif mais c’est de toute façon à bien plus long terme que tout ce que j’ai connu depuis quatre mois —, trente mètres carrés où je peux faire venir les amis, trente mètres carrés où je peux accueillir mon fiston, trente mètres carrés où seront bienvenus tous ceux que j’aime. Je ne vous dis pas le bien fou que ça me fait. En fait si mais la formule est plus jolie comme ça !

Deux pièces, du joli parquet ancien, des murs blancs prêts à recevoir quelques images, des étagères à remplir, du calme et de la tranquillité, juste à côté d’un joli parc à pique-nique et des transports en commun et surtout … à Paris ! Mon rêve depuis des lustres. Mardi soir dernier, j’avais les clés. Mardi soir dernier, deux architectes d’ambiances intérieures sont venues (non non, il n’y a pas de faute d’accord dans ce cas) m’aider à faire moult emplettes et achats pour faire un dedans joli et agréable. Je vous les recommande, elles ont un goût sûr et avéré, enfin moi je trouve.

Et puis ces trente mètres carrés j’ai commencé à m’en servir. Deux apéros en moins d’une semaine avec quelques-uns que j’aime dans mon chez-moi que j’aime déjà et de tous les âges. Le plus vieux a trois fois l’âge du plus jeune et ce plus jeune guette avec impatience les quelques mois qui lui restent avant sa majorité ! Pas encore de 7 a 77 ans, mais ça ne devrait pas tarder. D’ailleurs je songe faire une journée porte-ouverte courant septembre, un samedi ou un dimanche, journée pendant laquelle je pendrai haut et court et moult fois la fameuse crémaillère. Comme ça, vous venez faire coucou, prendre un café, passer la journée, ou juste picorer avant de repartir faire un tour, enfin comme bon vous semblera.

J’aime beaucoup mes trente mètres carrés, j’aime beaucoup les temps qui s’annoncent !

vendredi 22 août 2008

Kenavo

Kenavo nous a-t-il dit avant de s’éloigner. Et puis autre chose aussi que je n’ai pas compris. Un drôle de gars, breton disait-il, qui nous a parlé pendant les quelques stations de métro qui nous séparaient du terminus.

Nous avions été séparés alors que nous essayions de rentrer dans la rame. Je suis resté sur le quai avec les bagages, elle est partie avec le métro qui partait. Un signe pour dire qu’à la prochaine station nous avions un nouveau rendez-vous. Attente. Quelques minutes. Puis un nouveau métro s’avance. Départ et quelques dizaines, centaines, milliers de mètres plus loin nouvel arrêt. Elle monte avec un grand sourire, suivie aussitôt par un quidam, plutôt bonhomme, qui aussitôt s’est avancé vers nous et nous a parlé.

Et le voilà de nous raconter qu’il était breton, qu’il aimait parler avec des inconnus qu’il rencontrait, qu’il était un peu comédien et accompagnait cela d’une main tendue pour me dire bonjour, main qu’il enlevait aussitôt que j’approchais la mienne, ce qui invariablement nous faisait sourire et rire. C’était étrange de voir cet homme, qui avait débuté la conversation bien avant sa montée dans la rame, en fait sur le quai alors qu’elle m’attendait pour ce rendez-vous impromptu. Son métier consistait à distribuer des produits régionaux, de Bretagne je crois avoir compris, mais je n’en suis pas si sûr.

Discussion sur l’attrait d’habiter Paris, moi dans quelques jours, elle depuis des années, lui pas loin entre nos deux adresses, tous dans le même arrondissement. Coïncidence ? Avait-il bu ? Peut-être, pas si sûr en fait, pas moyen de savoir s’il jouait la comédie ou s’il était un peu éméché. Tout ce temps il nous a parlé, nous demandait s’il ne nous importunait pas mais faisait semblant de ne pas écouter la requête de nous séparer dès la sortie de la station de métro finale. Il l’avait cependant très bien comprise et quand il nous l’a répétée alors que nous nous disions qu’il ne nous écoutait pas ses yeux brillaient.

Il nous a salué longuement une fois retournés à l’air libre, Kenavo… Il est parti joyeux de son côté et nous heureux du notre. Les sourires sur nos visages ne nous avaient pas quittés !

Ar wech-all !

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