Il y a des jours comme ça où je ferais mieux de rester couché. Suite de mes aventures professionnelles dont un nouvel épisode s’est déroulé hier, épisode pendant lequel on m’a fortement conseillé d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte, que l’éventuelle prime de fin d’année — celle dont le montant dépend directement du nombre de jours de congés non pris dans l’année qui a précédé, d’ailleurs je ne sais pas pourquoi je dis celle vu que c’est la seule prime qui existe ici — serait très fictive, et que je devais me préoccuper du bien-être [informatique, ndlr] du groupe (sic) et que cela devait être ma seule récompense. Oui, oui. Après tout, je suis cadre, trop très bien payé, et je ne fais que trente-cinq heures par semaine. En fait là, j’essaye de rétablir la vérité, mais le problème est qu’ils notent les arrivées tardives et les départs qui se font tôt, et pas… l’inverse. Alors forcément, au bout du compte (partiel et partial), ça ne fait que trente-cinq heures. Il faut dire à leur décharge qu’ils travaillent tard le soir chez eux, le week-end aussi et également pendant leurs vacances, du coup ça crée un léger décalage d’implication, vous voyez ?
Bien sûr, les petits camarades de jeu se la jouent perso, trop contents de ne pas être eux-mêmes sur le siège éjectable. C’est donc motus et bouche cousue, voire pour certains sous-chefs et sous-sous-chefs quelques tacles vicieux avec un petit air de vierge effarouchée lorsqu’on évoque leur attitude devant le boss. Résultat les rangs sont très clairsemés de mon côté. De l’autre côté, pas de soucis, ils sont serrés autour du patron comme un seul homme. L’esprit de corps sans doute ? Je fais donc le gros dos, je ferme ma porte et évite les collègues qui me regardent comme une bête de foire depuis quelques jours — les rumeurs et les potins circulent vite dans une société où nous sommes quinze en tout et pour tout — et j’attends sereinement la prochaine convocation au soufflage de bronches et à la remontée de bretelles. Pour l’instant, c’est le lundi matin, une fois par semaine ça me laisse le temps de souffler avant la suivante.
Voilà côté pro. Côté perso, heureusement qu’il y a aussi du grabuge, ça équilibre avec le boulot. Donc ce midi ma future-ex m’appelle pour me signifier la fin immédiate et définitive de mon droit de visite et d’hébergement vis-à-vis de mon fils. Elle lui a pris un avocat, va le faire entendre par un juge et elle ne veut surtout pas le forcer à me voir s’il ne le veut pas. Je demande une confirmation écrite, ça ne va pas être possible me répond-elle, je demande alors à parler au fiston qui, très énervé et en colère contre moi, m’expliquera qu’il préfère aller voir sa grand-mère (maternelle évidemment) plutôt que de passer les week-ends et une partie des vacances avec moi. Pas eu le temps de lui dire que j’avais envie d’être avec lui avant qu’il ne raccroche. Je vais donc me retrouver devant une porte close vendredi soir, parce qu’elle m’a promis de m’empêcher de l’emmener et que je ne suis pas assez costaud fou pour user de violence et défoncer la porte — ça va donc se terminer par une main courante au commissariat le plus proche, j’avais pourtant d’autres projets pour ce week-end. Je sais qu’il y a manipulation envers lui, qu’il n’a que ce moyen pour se sortir d’un chantage affectif imposé et je me garderai bien de lui en faire le moindre reproche. J’ai énormément de peine pour ce qu’il est obligé de vivre en ce moment.
Pour résumer, on veut m’éjecter du boulot, non, on veut que je m’éjecte tout seul du boulot — ils ne sont pas près d’obtenir gain de cause, je vous le dis — et elle veut m’éjecter de la vie de mon gamin — elle n’est pas près d’obtenir gain de cause et je compte assez sur le bon sens d’un JAF dans cette affaire. Cela dit, je ne regrette pas de m’être levé ce matin, d’avoir vu un joli sourire, de voir en ce moment un beau soleil dehors et d’avoir ce soir chez moi quelques amis pour le plaisir. J’aime assez cet automne qui se déguise en été indien !

