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Fanion

Fanion

Il est interdit de shooter

Voilà en gros ce que m’a dit un militaire en faction dans le grand hall de la gare de Lyon alors que je m’apprêtais à faire la photo du siècle, sinon de la semaine du bel escalier qui monte vers le restaurant sis au premier étage. Lorsque je lui en ai demandé la raison après lui avoir dit que je n’étais pas au courant de cette interdiction il m’a simplement répondu ceci : « C’est Vigipirate, c’est pas grave mais on est tenu de le faire appliquer ».

J’avoue avoir un peu tiqué. Le plan vigipirate est encore en application, je ne sais trop pour quelle raison, mais je doute fortement que la présence de trois soldats ici où là empêche vraiment quoi que ce soit. Je me souviens d’un lointain séjour en Israël, où pour le coup, il y avait tellement de militaires dans la rue et dans les bus qu’ils avaient même leurs propres files d’attente pour y monter. Leur présence n’empêchait toutefois pas qu’un attentat, en général du côté du marché, survienne quasiment tout les mois. Alors trois soldats pour toute une gare me laisse légèrement perplexe quand à leur efficacité pour prévenir ce genre de catastrophe.

Mais plus encore que le fait que ce plan — qui n’a à priori pas encore démontré son efficacité objective[1] — soit encore en application, c’est le ton avec lequel la phrase a été dite qui m’a intriguée. Le militaire s’excusait quasiment de devoir m’imposer telle restriction, « c’est pas grave » m’a-t-il dit. Qu’est-ce qui n’est pas grave ? Le fait que vigipirate soit encore d’actualité ou que j’ai eu l’intention de faire une photo somme toute bien innocente ?

Ça fait presque 5 ans que ce plan est à son niveau d’activation quasi maximum[2], depuis les attentats dans les transports en commun à Londres. Le niveau rouge en vigueur est tel que, je cite wikipédia, « Le risque d’une action terroriste est avérée. On prend les mesures nécessaires pour se protéger et riposter. Il faut accepter l’impact de ces mesures sur l’activité économique et sociale normale ».

Intrigué j’ai commencé à chercher s’il existait quelque part sur le web des informations officielles sur les mesures nécessaires prises à ce niveau. Eh bien ce n’est pas simple. Première visite sur le portail de l’administration française. Je tape le mot « vigipirate » dans le champ de recherche et j’obtiens un magnifique message[3] :

Résultats de recherche dans service-public.fr : « vigipirate »
Vous n’avez obtenu aucune réponse, nous vous invitons à renouveler votre recherche.

Soit. Peut-être que le portail, au demeurant très bien fait, n’a pas été mis à jour à ce sujet. Je décide donc de poursuivre vers la référence législative en France, le bien nommé Légifrance.

Première étape, sur la page d’accueil du site, au demeurant un peu moins bien fait, je tape le mot « vigipirate » dans le champ de recherche mis à ma disposition, m’attendant à une flopée de textes réglementaires sur la question étant donné que ce plan restreint tout de même pas mal nos libertés (déplacement, …). Résultat un laconique « aucun document trouvé ». On me propose de cocher un ou plusieurs champs de recherche parmi « Accords, conventions et traités internationaux », « Dispositions législatives et réglementaires » et « Mesures à caractère provisoire ou nominatif ». Ne soyons pas avare et cochons les trois. Le résultat de ma recherche arrive enfin — ma connexion n’est pas très vaillante — et j’obtiens le même laconique « aucun document trouvé ». Bigre, n’existe-t-il donc aucun document expliquant par le menu le contenu de ce plan et le détail des mesures à prendre en fonctions des niveaux ?

Je décide alors, sur les conseils avisés d’un spécialiste mondial de la recherche sur ce site, d’utiliser un terme plus générique. J’ose un « sécurité » qui me renvoie des dizaines de références en commençant par une liste longue comme un jour sans pain de commissions en tout genre. C’est dingue ce qu’ils peuvent mettre en place pour s’occuper de notre sécurité. Je parcours rapidement quelques pages et finis par me rendre à l’évidence. Il me faudrait une journée entière pour parcourir tout ça. Soyons un peu plus fin dans la recherche et tapons “sécurité intérieure”. Las, j’obtiens trois malheureux résultats, dont un qui à l’air prometteur et m’amène sur une longue liste de décrets en tout genre portant sur la sécurité. Tiens un truc qui me dit quelque chose apparaît en première place : Hadopi ! Sauf que moi c’est de vigipirate dont je veux entendre parler. J’abandonne donc ce site, à regrets cependant.

Direction Google finalement et je tape le mot dans le champ de recherche idoine. Je clique sur le bouton « J’ai de la chance » et j’arrive immédiatement sur la page wikipédia, page qui référence d’ailleurs une page d’archive du Ministère de l’Intérieur qui renvoit un magnifique 404[4]. Une autre du Ministère de la Défense n’indique que quelques généralités sur ce plan. Ce n’est donc pas par là que j’en saurais plus. Seul un billet et la série de commentaires qui le suit sur un blog de droit me donnera quelques informations et surtout posera beaucoup de questions. Une dernière référence trouvée dans les dits commentaires — parmi une flopée qui ne pointe plus sur rien — pointe sur ce site, pas très bavard non plus.

D’après ce que j’ai pu lire ici et là il semble que le contenu de ce plan soit classé « confidentiel défense » et par conséquent pas à la libre disposition du citoyen. C’est secret. Tellement secret que personne n’est en mesure de dire publiquement la liste des restrictions imposées. Ou alors il faudrait que tous ceux qui un jour se sont entendu dire que telle action ou telle attitude était interdite par le plan en fasse mention ici en commentaire et qu’on finisse par obtenir une liste exhaustive de ce qui est interdit. Sauf que je me demande si on a le droit de le faire, après tout la divulgation d’information classée secret défense est interdite. Peut-être même que le simple fait de parler de ce plan est interdit ? Comment savoir sans savoir ce qui est interdit ?

Le plan vigipirate, de son petit nom « plan gouvernemental de vigilance, de prévention et de protection face aux menaces d’actions terroristes » est donc un plan, dont le contenu n’est pas accessible ce qui je trouve rend pour le moins arbitraires toutes les mesures prises en son nom. Comment peut-on ne pas se mettre hors-la-loi, je dirais plutôt hors-plan-vigipirate si l’on ne connait pas la liste et l’étendue des interdictions ? Comment s’assurer que tel contrôle, tel restriction appliqués en son nom s’appuie réellement sur une base légale ? Mon propos n’est pas de remettre en cause l’existence de ce plan, même si on peut se poser légitimement la question de son efficacité en regard du coût qu’il implique — et je ne parle pas seulement du coût économique mais également au niveau de nos libertés personnelles et collectives — mais plutôt de pointer du doigt un sérieux manque de transparence et d’information vis à vis des citoyens que nous sommes. On nous demande une vigilance accrue, une collaboration dans notre protection collective, mais sans nous en fournir toutes les clés. C’est dommage je trouve et peut-être même assez inquiétant…

Notes

[1] On pourra arguer qu’il n’y a pas eu d’attentat en France depuis longtemps, ce qui est vrai, mais est-ce vraiment la mise en place de ce plan qui aura prévenu toute tentative ? Personne n’est en mesure de le dire aujourd’hui.

[2] Voir pour plus d’information la page de wikipédia.

[3] Cliquez sur ce lien pour vérifier le résultat.

[4] Page inexistante

Fréquence

Plus ça va plus je piaffe d’impatience de montrer mes photos récentes et il se trouve qu’à la fréquence de publication que j’ai choisie, c’est à dire quotidienne, je n’ai déjà plus de jours disponibles avant août prochain. Ça fait un peu longuet je trouve. Du coup j’ai décidé qu’à partir de demain je publierai deux photos par jour au lieu d’une — d’ailleurs j’avais déjà dérogé à cette règle avec ma série de portraits depuis quelques mois. Sans compter les photos publiées sur Flickr, essentiellement celles que je prends pendant les Paris-Carnet (ou les pique-niques du même nom) ou bien encore lors des Install-Parties Dotclear.

Par conséquent, et en attendant que les photos déjà programmées soient publiées, donc jusqu’à début août prochain, il y aura une photo ancienne publiée comme avant à 6 heures du matin sur Open-Eyes (et quatre heures plus tard ici sous forme de logo, en haut à gauche) et à midi une nouvelle (et toujours en logo ici quatre heures plus tard, soit vers 16 heures). Nouvelle s’entend comme étant prise à partir de fin-janvier à l’heure où je vous parle.

Pour l’instant, j’ai de quoi aller à cette nouvelle fréquence jusqu’à début mars. Je verrai par la suite si j’ai de quoi continuer ainsi où s’il faut que je revienne à un rythme moins élevé de publication. Cela dit, avec les beaux jours qui reviennent (j’espère), ça m’étonnerait que je vienne à en manquer ! De plus je trouve que ça peut être assez intéressant de comparer deux photos, même si celles-ci ne concernent absolument pas le même sujet, prises à six mois d’intervalle. Ai-je progressé ou au contraire fais-je toujours les mêmes clichés ? L’atmosphère rendue, le cadrage, les lumières, sont-ils restés dans la même veine ou constate-t-on un changement ? À moi de voir, à vous de me dire, si vous le souhaitez…

La tête du client

La vie est injuste. J’en ai été témoin ce matin, à deux reprises.

Je me trouvais à peine installé dans ce bus qui avait fini par arriver après quelques minutes de patience que le chauffeur de celui-ci décidait de repartir. Il ne me semblait pourtant pas en retard par rapport à l’affichage du système SIEL mais comme j’étais le nez enfoui dans ma lecture passionnante du moment — il faudra que je vous en reparle un de ces jours — il est probable que j’ai perdu le sens du temps passé. Bref, le machiniste a démarré tout en fermant les portes de son véhicule. J’ai avisé, alors que nous commençions à rouler, une personne qui courait à notre rencontre en faisant des signes. Que nenni, le chauffeur ne s’arrêta pas comme j’aurais pu le supposer — j’ai fréquemment été témoin d’une scène équivalente et bien souvent le quidam qui court a de fortes chances d’atteindre le Graal une place chauffée. Dépité, le client s’est arrêté puis s’est dirigé vers l’abribus pour attendre le suivant. Sa vie était trop injuste avec lui ce matin.

Quelques hectomètres plus loin, et alors que le bus repartait de l’arrêt suivant, j’ai aperçu une deuxième personne qui courait vers nous tout en traversant la rue — au péril de sa vie vu la circulation ambiante. Là, le chauffeur pila net et ouvrit les portes avant pour permettre à l’essoufflé de monter. Ah ! Visiblement le machiniste devait avoir des têtes qui lui reviennent et d’autres pas ce matin. Curieux, à moins qu’il ait voulu, dans un élan de solidarité citoyenne, sauver la vie de cette personne alors qu’elle était sur le point de se faire renverser ou pire encore ? Bref, nous repartîmes, cinquante environ, toujours bien assis compressés dans ce bus heureusement bien chauffé.

Quelques hectomètres plus loin, rebelote. À peine les portes de l’engin refermées et alors qu’il s’ébranlait à la poursuite de l’arrêt suivant, un autre quidam utilisa à peu près le même stratagème pour caresser l’espoir de monter lui aussi dans notre boîte à sardines vitrée. Que nenni une nouvelle fois ! Notre compère cocher décida cette fois de ne pas céder à ses appels bruyants et aux nombreux coups portés sur la carlingue par ce client plein d’espoir. Il accéléra plutôt pendant que le dépité retournait vers le poteau indicateur qui lui ne portait aucun affichage SIEL, quelques travaux ayant visiblement dérangé l’installation normale de la régie à cet endroit. La vie était décidément injuste avec ce citoyen ce matin.

J’ai alors refermé mon ouvrage pour réfléchir aux raisons qui avaient poussé le chauffeur du bus a refuser l’accès au premier et au troisième client alors qu’il l’avait volontiers fait et ce malgré la position du bus à cet instant — nous étions en train de traverser un carrefour — avec le deuxième. Était-il raciste ? Je ne pense pas car les trois personnes avaient un type caucasien — comme disent nos cousins d’Amérique — tout à fait courant, blancs. Connaissait-il la deuxième personne ce qui aurait pu expliquer son arrêt exceptionnel pour celle-ci et pas pour les autres ? Pas plus si j’en juge par l’absence de conversation, à part un « merci » de l’un et un « …» (quelque chose que je n’ai pas entendu) en retour. C’est finalement avec regrets et quelques déceptions que j’ai fini par admettre que le fait d’être blonde et mince pouvait faire pencher la balance d’un jeune chauffeur taciturne alors qu’être petite et plutôt enrobée comme la première cliente ou grand et brun comme le deuxième ne le pouvait pas.

Voilà donc un chauffeur qui accepte tous les clients aux arrêts de bus — bien obligé — ET les menues blondes en dehors. Les autres sont priés de porter réclamation à la régie, bien que je doute que celle-ci fasse quoi que ce soit pour changer l’attitude de ses employés dans ce domaine — règlement, règlement —, ou de porter une perruque et de faire un régime. Je me suis laissé dire que quelques uns avait déjà commencé à maigrir ;-)

Paris-Carnet - Édition février 2010

Une soirée dans une ambiance plus reposante que les fois précédentes, probablement du au volume sonore réduit et au choix de la musique diffusée ce soir là — j’oserais presque dire enfin ! — m’ont donné l’occasion de faire … quelques photos ! Eh oui, on change pas de vieilles habitudes tenaces comme celles-là du jour au lendemain.

La main de l'expert

Comme à mon habitude j’ai publié quelques unes d’entre elles qui sont visibles dans cette galerie. Vous remarquerez que j’ai choisi cette fois de ne faire que des monochromies.

PS : Comme toujours, si vous apparaissez sur une ou plusieurs des photos que j’ai publiées et que vous souhaitez que je la retire de la publication, n’hésitez pas à me le faire savoir. Je le ferai dès que possible.

PPS : Saurez-vous me dire à qui est la main sur la photo ci-dessus ?

Le donneur de leçons

Un soir de cet hiver, alors que je sortais du métro Glacière, j’ai assisté à une scène pour le moins ubuesque. Jugez plutôt. J’ai donc descendu ce soir-là les quelques escaliers qui donnent juste sous le métro — aérien à cet endroit de la ligne 6 — et me suis rendu vers ma gauche pour traverser le boulevard Auguste Blanqui afin de retrouver derechef mes pénates, sises quelques hectomètres plus loin. Le feu était au vert et un léger flot de voitures s’écoulait tranquillement en direction de la place d’Italie. Le petit bonhomme au rouge, j’attendais tranquillement en compagnie d’une demi-douzaine de personnes ayant visiblement le même dessein que moi. En face, idem. Une demi-poignée, au moins, de quidams attendait de faire la traversée dans le sens inverse, qui pour attraper le métro, qui pour … aller ailleurs.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que les gens, des deux côtés, s’étant aperçu qu’enfin plus un seul véhicule ne faisait mine de passer, avaient entrepris le franchissement de la chaussée. Soudain, un bus de la régie parisienne s’est annoncé à grand renfort d’appels de phare et de tintements de cloche — celle que bus et tramway utilisent à tout va dès qu’un obstacle bipède ou à roues gêne leur route. Tout le monde s’est aussitôt arrêté, préférant laisser passer le bolide monstrueux et tonitruant avant de reprendre tranquillement et en sécurité leur périple. Ce n’était pas un soir à rentrer tard, vu le froid de canard ou le temps de chien — me rappelle plus trop — qu’il faisait. Certainement pas un soir à se retrouver aux urgences ou pire encore.

Soudain, alors que le bus allait franchir le passage piéton juste après le feu, son chauffeur a freiné brusquement et une fois son véhicule immobilisé a commencé à faire de grands gestes avec les bras, montrant successivement les indicateurs lumineux qui permettent ou interdisent la traversée de la chaussée par les piétons et les dits piétons qui avaient eu l’audace de braver le règlement. Il parlait fort visiblement et paraissait très contrarié. Il invectivait — c’est tout au moins ce que j’ai supposé — les piétons côté métro et aussitôt tournait la tête et faisait de même avec ceux d’en face. Tout le monde a fini par s’arrêter pour l’observer. Quelques dizaines de secondes plus tard, après que chacun se soit probablement demandé si le chauffeur était fou ou largement alcoolisé, un fou rire a retenti juste à côté de moi. De personne en personne, le rire s’est propagé et toute l’assemblée à fini par s’esclaffer. Voyant le résultat qu’il escomptait très certainement le chauffeur s’est arrêté de parler, puis a hoché la tête de contentement et a alors applaudi des deux mains pendant que les passants reculaient sur leurs trottoirs respectifs. Une fois tout le monde revenu à son point de départ il a arboré un large sourire et a repris son chemin.

J’ai beaucoup aimé cette façon, courtoise et policée, de nous prodiguer une bonne leçon du code de la route et des devoirs des usagers d’icelle.

Photo mystère n°61

Une dernière photo mystère, en attendant que je renouvelle le stock, que je soumets à vos sagacités :

Argonaute

Cette fois-ci je vous demande de m’indiquer ce qui est caché dans cette photo.

Photo mystère n°60

Une autre photo pour jouer un petit peu :

Sable qui coule n'amasse…

Qui peut me dire de quoi il s’agit ?

La réponse est plutôt facile à trouver alors je ne répondrais que par oui et non à vos questions, pour autant que je puisse le faire ;-)

Photo mystère n°59

Ça fait un bail que je ne vous ai pas proposé une photo mystère à votre sagacité, deux ans et demi environ depuis la dernière. J’en avais ainsi proposé cinquante-huit et c’est tout naturellement que je continue aujourd’hui avec la numéro cinquante-neuf.

Donc voilà, une photo qui représente un détail choisi judicieusement d’un ensemble dont il vous faut trouver le nom :

Détail du moteur vulcain

Je vous laisse réfléchir la dessus et ne manquerait pas de vous glisser un ou plusieurs indices en commentaire si personne n’était capable de vous guider sur la bonne piste !

Gilsoub a fini par trouver de quoi il s’agissait, un des moteurs Vulcain d’Ariane 5, moteur exposé à la cité des sciences et de l’industrie de la Villette. Voilà une autre photo du bestiau :

Moteur vulcain

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