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Success

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Le donneur de leçons

Un soir de cet hiver, alors que je sortais du métro Glacière, j’ai assisté à une scène pour le moins ubuesque. Jugez plutôt. J’ai donc descendu ce soir-là les quelques escaliers qui donnent juste sous le métro — aérien à cet endroit de la ligne 6 — et me suis rendu vers ma gauche pour traverser le boulevard Auguste Blanqui afin de retrouver derechef mes pénates, sises quelques hectomètres plus loin. Le feu était au vert et un léger flot de voitures s’écoulait tranquillement en direction de la place d’Italie. Le petit bonhomme au rouge, j’attendais tranquillement en compagnie d’une demi-douzaine de personnes ayant visiblement le même dessein que moi. En face, idem. Une demi-poignée, au moins, de quidams attendait de faire la traversée dans le sens inverse, qui pour attraper le métro, qui pour … aller ailleurs.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que les gens, des deux côtés, s’étant aperçu qu’enfin plus un seul véhicule ne faisait mine de passer, avaient entrepris le franchissement de la chaussée. Soudain, un bus de la régie parisienne s’est annoncé à grand renfort d’appels de phare et de tintements de cloche — celle que bus et tramway utilisent à tout va dès qu’un obstacle bipède ou à roues gêne leur route. Tout le monde s’est aussitôt arrêté, préférant laisser passer le bolide monstrueux et tonitruant avant de reprendre tranquillement et en sécurité leur périple. Ce n’était pas un soir à rentrer tard, vu le froid de canard ou le temps de chien — me rappelle plus trop — qu’il faisait. Certainement pas un soir à se retrouver aux urgences ou pire encore.

Soudain, alors que le bus allait franchir le passage piéton juste après le feu, son chauffeur a freiné brusquement et une fois son véhicule immobilisé a commencé à faire de grands gestes avec les bras, montrant successivement les indicateurs lumineux qui permettent ou interdisent la traversée de la chaussée par les piétons et les dits piétons qui avaient eu l’audace de braver le règlement. Il parlait fort visiblement et paraissait très contrarié. Il invectivait — c’est tout au moins ce que j’ai supposé — les piétons côté métro et aussitôt tournait la tête et faisait de même avec ceux d’en face. Tout le monde a fini par s’arrêter pour l’observer. Quelques dizaines de secondes plus tard, après que chacun se soit probablement demandé si le chauffeur était fou ou largement alcoolisé, un fou rire a retenti juste à côté de moi. De personne en personne, le rire s’est propagé et toute l’assemblée à fini par s’esclaffer. Voyant le résultat qu’il escomptait très certainement le chauffeur s’est arrêté de parler, puis a hoché la tête de contentement et a alors applaudi des deux mains pendant que les passants reculaient sur leurs trottoirs respectifs. Une fois tout le monde revenu à son point de départ il a arboré un large sourire et a repris son chemin.

J’ai beaucoup aimé cette façon, courtoise et policée, de nous prodiguer une bonne leçon du code de la route et des devoirs des usagers d’icelle.

Le blues du néanderthal

Y’a pas à dire, filez moi de quoi dévorer et quelque chose pour le faire cuire simplement et vous avez déjà gagné mon estime. Un peu de papier journal, quelques morceaux de charbon de bois, un briquet et un ouragan léger vent suffiront à mettre en route le strict nécessaire. Laissez rougir les braises puis déposez délicatement vos meilleurs morceaux de viande ou quelques saucisses puis attendez quelques minutes au gré de vos préférences de cuisson. Ensuite dégustez…

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… Seulement voilà nous avons, pour une fois — et certaines mauvaises langues tenteraient absolument me faire croire qu’il ne faudrait pas que je me plaigne car on a connu bien pire, foi de parisien — un mois de juillet conforme à l’idée qu’on se fait d’un mois de novembre. Humide. Une température qui n’a rien de caniculaire, un soleil qu’on imagine derrière le sombre et bas plafond de nuages, et une inauguration qui tombe à l’eau … ou presque.

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Du coup les agapes prévues dehors sont désertées et tous les convives se sont réfugiés à l’intérieur de la grotte. Pourtant nous avions mis tout notre courage pour refaire une beauté à la rambarde qui luit dorénavant d’un rouge profond bien plus seyant que les coulures de rouille qui l’ornait auparavant et les murs ont commencé à reprendre une jolie teinte blanche qui s’accorde ma foi fort bien avec le mobilier et les plantes soigneusement couvées par l’hôtesse de la maison.

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À défaut de soleil persistant je patiente en étudiant le mode d’emploi de mon doudou-photo de course[1] ;-)

Notes

[1] D’ailleurs ce sont ses premières photos publiées ici, et de loin pas les plus belles. Le reste suivra dès que j’aurai épuisé le stock.

Ma voisine

J’ai une voisine, je vous ai pas dit ? Une voisine un peu spéciale. Elle a pas l’air d’être méchante, non, juste elle est un peu spéciale. Comment dire, elle a une drôle d’habitude, à quelques moments de la journée où elle ouvre en grand ses fenêtres, et, alors qu’elle doit probablement regarder la télé — mais ceci n’est qu’une supposition gratuite de ma part et sans guère de fondement — elle se met à commenter largement ce qu’elle y entend. Tout est prétexte à déblatérer, crier, hurler, à tout le quartier, car non contente d’avoir une gouaille particulièrement prononcée — son accent typiquement parisien y joue probablement pour pas mal — elle possède ce que d’aucun appellerait un joli coffre !

Voyez plutôt ces quelques exemples tirés un peu au hasard car elle a du stock :

« T’as de la cellulite ?
— Oui, derrière l’oreille ! »

« Il a trouvé une blondasse avec un gros cul. »

« T’as mis ta culotte ? »

Jamais ordurier, parfois grossier. Elle a l’air de posséder une culture très ancrée dans le passé — je l’ai entre-aperçue une fois et je lui avais donné entre quarante et cinquante ans, la fois suivante plutôt la soixantaine bien tassée —, connaît les classiques d’une autre époque, ceux de l’entre-deux guerres ou juste après la grande dernière. Il me semble l’avoir entendue chanter du Piaf ou bien encore quelques refrains de chansons de Jacques Brel.

Mais ce n’est pas tout. Alors qu’une célèbre chanson d’Alain Bashung passait à la radio poussée à fond pour que l’immeuble en profitât aussi elle a eu ce dialogue à deux voix en prenant soin de changer légèrement d’intonation entre les répliques, à tel point que je me suis demandé si elle était seule ou pas — en fait elles ont l’air de bien s’entendre elle et sa copine schyzo :
« Il est mort ?
— Qui ?
— Bashung !
— Oui. »

Encore très récemment on a entendu très distinctement le slogan suivant, slogan qui était un des best-of du défilé du 1er mai dernier[1] :
« Tous ensemble, tous ensemble ! »

Et c’est comme ça, tous les jours ou presque lorsqu’elle peut ouvrir ses fenêtres. Ça peut durer une heure, une heure et demie. Pendant un temps je me suis demandé si elle n’était pas une ancienne habituée de l’hôpital situé tout près de chez moi, celui spécialisé dans les pathologies mentales, le bien connu hôpital Sainte-Anne. Peut-être que son état ne nécessitait plus qu’elle soit à demeure là-bas et qu’elle pouvait dorénavant loger ailleurs. Évidemment je me suis dit qu’une personne devait passer la voir tous les matins et que c’était la raison pour laquelle son spectacle s’arrêtait, mais comment être sûr ?

Comme je disais au début elle n’a pas l’air d’être méchante, juste un peu intrusive dans nos calmes silences, mais que faire sachant qu’elle ne doit même pas se rendre compte de la nuisance dont elle est l’origine. Un jour, un voisin excédé lui a crié « Ça suffit ! Tu n’es pas chez ta mère ! ». Curieuse phrase qui a pourtant eu l’effet escompté. On ne l’a plus entendue de la journée. Ce n’est que le lendemain matin qu’elle a repris son rituel.

Finalement elle met un peu d’animation dans mon quartier et je ne lui en voudrais pas plus que ça si elle ne commençait pas sa représentation à cinq heures trente tous les matins !

Notes

[1] On me glisse à mon oreille que ce slogan est en fait particulièrement vieux, presque quinze ans ! Mazette, moi qui pensait qu’il était tout neuf.

Le cimetière des chaînes

Très régulièrement je vois passer dans mon agrégateur tel ou tel billet en réponse à une sollicitation d’une des chaînes en circulation sur le Net. Que ce soit la sixième image du sixième dossier, etc ou bien encore décrire jour après jour pendant un mois ses petits travers et que sais-je encore, j’ai perdu le compte depuis que je traîne mes guêtres sur internet. J’ai tout de même remarqué avec amusement qu’il y a un nombre croissant de ces billets qui, au lieu de désigner le ou les suivants, préfèrent laisser le libre choix à ceux qui passeraient par là.

Combien ont été repris ? Je suis quasiment sûr qu’il n’y en a qu’une infime fraction si j’en juge à la remarque que je me fais souvent et qui me fait dire que si l’auteur n’a pas jugé bon de me désigner alors je ne suis pas concerné. C’est biaisé, complètement subjectif, mais je pense que je ne suis pas le seul à réagir ainsi. Que deviennent ces chaînes dans ce cas ? Toutes ces petites branches qui meurent sans avoir été reprises. Existe-t-il un cimetière des chaînes où viendraient s’échouer ces dernières contributions. Pourquoi ne pas finir en désignant comme suivant une nécropole dans laquelle on pourrait, avec un peu de recherche, retracer sa vie et remonter pourquoi pas jusqu’à son origine.

Dites-moi ce que vous pensez de cette idée et reprenez-là chez vous, et pour être sûr d’obtenir des réponses je désigne chaque lecteur de ce billet pour la reprise de cette chaîne. \o/

Prêts ?

1… 2… 3… Soleil !

Dyptique, saison 4 - Session 4

(Ce texte constitue ma participation au Dyptique, saison 4 - session 4, organisé par Akynou)

Mes blogmarks du 18-06-2008

Mes liens du jour :

screenshot la pêche à la baleine: Jacqueries

[…] Faut dire, qu'en face, c'est plutôt des jolis bébés. Pas nécessairement grands, ni gros, mais du genre à empiler trois caisses de trente kilos de poisson chacune et à avoir assez de souffle pour brailler "j'les mets où?". Alors, "j'te la mets où, ma main?", ça leur dit moyen aux cognes. […]

mot(s)-clé(s) :


blogmarks.net

666 moi-même

Il a dit le m'sieur Pep en précisant que je faisais du mauvais esprit ! Je ne vois vraiment pas pourquoi, j'adôooooore les chaînes ! Alors je joue le jeu bien volontiers et de bon cœur pour vous dire six choses à la con à propos de moi :

  • J'ai une horreur viscérale d'arriver en retard à un rendez-vous, et quelque soit ce rendez-vous. Par contre je pardonne volontiers le retard des autres s'il ne dépasse pas une durée raisonnable variable selon l'humeur du jour (de rien à des mois).
  • J'adore les copeaux de chocolat sur du pain frais beurré — souvenir d'enfance où je goûtais parfois de ça avec le fils de la gardienne de la résidence où nous étions à l'époque. Elle avait toujours du chocolat qu'elle râpait grossièrement au couteau et qu'elle gardait dans une grande boîte en fer blanc. Depuis j'ai découvert que c'est encore meilleur avec du beurre salé !
  • Je n'aime pas les gens qui vous observent du coin de l'œil en donnant l'impression de regarder ailleurs.
  • Je lis fréquemment deux romans à la fois.
  • Je ne porte jamais de couvre-chef, qu'il gèle, qu'il pleuve, qu'il vente ou que ce soit sous un soleil de plomb.
  • Je range toujours mes affaires aux mêmes endroits, ça m'évite de les chercher, y compris dans l'obscurité et d'ailleurs je me surprends de temps en temps à m'imaginer aveugle chez moi et tester la manière dont je pourrais me débrouiller.

Maintenant que vous en savez beaucoup plus sur votre hôte, voilà les futures victimes de cette chaîne démoniaque :

  • Pep, oui oui, et pas de mauvais esprit, hein ? Je sens qu'il va souffrir …
  • TomTom à qui je renvoie l'ascenceur !
  • Jathénaïs qui a réussi à me faire monter aux Hurlevents au petit matin quand il gelait !
  • Gilsoub et son joli blog qui s'échine à nous organiser des concours photo avec la précédente
  • O-Plus parce qu'on rêve d'en savoir un peu plus que ces belles photos !
  • Et puis Lomalarch pour qu'il publie un petit peu sur son blog du fin fond de là-bas ;-)

Ah j'oubliais, si vous vous sentez la soudaine envie de faire de même, ne vous gênez pas !

Chaînes magnétiques

C'est curieux ce phénomène des chaînes sur internet. Personne n'en veut, tout le monde répond et chacun attend d'être cité pour les poursuivre ! Bien sûr on trouve régulièrement des Moi jamais ! ou bien encore des D'habitude je n'y participe pas … et puis après que l'auteur se soit finalement prêté de bon cœur à ce qui est demandé on trouve souvent — particulièrement en compagnie des premiers — des Je la laisse à qui voudra … ou des Si quelqu'un veut l'adopter qu'il ne se gêne pas …

Ah oui j'oubliais … ceci est une chaîne ! À vous de jouer …

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