Paris Web 2006 - À froid

L'excitation de ces deux jours est retombée et je commence à discerner ce que j'en ai retiré. Voilà, en vrac, ce que je peux vous dire.

Je suis venu à cette conférence avec deux casquettes :

La première est professionnelle et pleine de questions. Il y a deux ans et demi j'ai commencé à m'intéresser aux CMS (Systèmes de gestion de contenu) pour simplifier la création et la gestion des deux dizaines de sites web dont j'ai la charge et qui nécessitaient à l'époque une bonne connaissance d'outils comme Adobe Golive. Tout naturellement je suis passé par Framasoft dont j'avais entendu parler auparavant et de site en site, d'article en article, j'ai fini par choisir un des CMS dont on parlait beaucoup à l'époque : Mambo. Seulement voilà, après plusieurs mois d'utilisation, un peu frustré par la lourdeur des pages générées j'apprends qu'un fork est intervenu et que une partie des contributeurs principaux de Mambo a claqué la porte. Dorénavant, un outil similaire, construit sur la base de Mambo, poursuivra son chemin sous le nom de Joomla. C'est à ce moment que les questions sont arrivées. Que faire ? Poursuivre avec Mambo pour assurer la perennité de mes sites ? Basculer sur Joomla qui poussait plutôt vers quelque chose de plus propre (standard pourrais-je dire aujourd'hui) ? Ou bien encore choisir un autre système ? De quoi ai-je besoin pour choisir, quels sont les développements en cours sur internet et vers quels systèmes se dirige-t-on ? On a un blog d'entreprise, on a un wiki d'entreprise. Sont-ce des solutions pérennes et rationnelles ? Ou faut-il envisager autre chose ? On parle beaucoup des prochaines normes (XHTML et CSS), mais quand seront-elles disponibles et surtout implémentées ?

La deuxième est personnelle et pleine d'envies. Je contribue depuis deux ans autour de DotClear, le logiciel qui fait tourner ce blog. Je l'ai découvert lorsque je cherchais un CMS pour le boulot, et j'ai rapidement été séduit par ce qu'il permettait. Tout naturellement j'ai beaucoup lu sur le forum, j'ai beaucoup entendu parlé de validation du code XHTML et CSS, et j'ai rapidement compris ce que cela procurait comme avantages. Puis je suis passé d'Internet Explorer à Firefox, d'Outlook Express à Thunderbird et j'ai accumulé un grand nombre de fils RSS dans mon aggrégateur, dont, entre autres, un certain Tristan Nitot qui m'a conduit un jour — en lisant ce billet — à m'intéresser aux bonnes pratiques. Le temps d'y regarder d'un peu plus près et je me suis lancé dans une évaluation de mon blog en utilisant le tableau de bord offert par Mon-Opquast. Quelques semaines plus tard, après avoir pas mal bossé sur ce projet, je me suis dit que se serait bien de partager ce que je faisais dans ce domaine et naturellement j'ai rapidement compris qu'il fallait voir un peu plus loin, qu'il serait idiot qu'un autre blogueur fasse la même évaluation alors qu'il utilise le même système. J'ai à ce moment repris l'évaluation complète sur une installation toute neuve de DotClear et j'ai finit par conclure que plus de la moitié des bonnes pratiques recommandées étaient déjà appliquées par le simple fait d'installer cet outil. C'est déjà à moitié conforme, sans rien faire de plus. J'en ai fait part à un certain Elie Sloïm, ce qui lui a visiblement donné une bonne idée (à venir sous peu chez Opquast).

Depuis quelques temps je m'interroge sur le futur de mon métier (et de ma passion). Dans quel sens le vent souffle, comment ne pas rater le train, comment continuer à contribuer (même modestement) à ce qui se passe, comment ne pas m'essoufler ? Puis j'ai d'autres questions beaucoup plus pragmatiques. Comment vendre un travail de qualité à mon patron ou à nos partenaires, comment imposer l'investissement nécessaire, comment demander les délais requis ?

Et bien j'ai eu beaucoup de réponses pendant ces deux jours. Je sais maintenant ce qu'il faut dire et ce qu'il faut taire ! Je sais les bénéfices immédiats et futurs qu'il y a à continuer dans ce sens. J'ai encore des questions, mais elles ne sont plus les mêmes et je sais maintenant à qui les poser et c'est certainement ce que j'en ai retiré de plus précieux.

Il me reste à découvrir (ou à inventer) les méthodes qui me permettront de rendre mon travail plus industriel pour reprendre le propos d'Elie Sloïm. Il me reste à convaincre ceux avec qui je travaille que la voie que j'ai choisie est préférable et ça ne sera sûrement pas aussi facile que prévu car les niveaux de compréhension dépendent souvent des besoins de chacun. 80% du travail concerne les contenus et les services ai-je entendu la semaine dernière. Cette phrase, il va falloir que je la leur martèle souvent et longtemps avant qu'elle soit comprise. Mais ça ne m'empêchera pas d'être pragmatique (un des mots-clés de cette conférence) et d'avancer.

Mon patron, il y a quelques mois, lorsque je lui parlé de cette conférence, m'a dit : Du moment que cela peut nous servir, vas-y !. J'ai pensé à ce moment qu'il se trompait de cible, que le nous était de trop, qu'il fallait le remplacer par leur (ceux qui ont besoin de nous), mais je n'ai rien dit. C'est maintenant que j'ai les outils pour lui expliquer, et encore pas trop, il risquerait de prendre peur ;-)

Et puis enfin j'ai aimé faire partie de cet aréopage de talents regroupés pendant ces deux jours. Je suis fier d'avoir pu y participer, d'avoir suscité des idées, d'avoir pu partager et rencontrer des grands noms. Un seul mot pour conclure : Encore !

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