Un jour j'ai arrêté de fumer

C'était le dimanche de Pâques 2003, je m'en souviens, je m'étais dit le matin : Tiens aujourd'hui je vais voir si je peux … et je n'en ai plus jamais fumée une depuis ce jour. Ca fait bientôt quatre ans et à l'occasion de l'ouverture d'un blog collectif d'entraide ouvert par, mais oui, notre bonne fée kozlika, j'ai eu envie d'écrire ici comment j'y suis arrivé.

Cela faisait plusieurs années que j'essayais d'arrêter cette fichue clope, plusieurs années pendant lesquelles je maudissait cette addiction qui me faisait faire des kilomètres pour trouver le tabac encore ouvert un dimanche soir à 23 heures. Le genre de tabac où l'on voit défiler, souvent hagards et pressés des fumeurs en manque de nicotine. Ils arrivent, laissant les warnings de leurs voitures garées un peu n'importe comment devant l'entrée, attendent leur tour et lorsqu'il arrive, demandent et payent fébrilement leur dose quotidienne et salvatrice. Tout ça sous l'œil goguenard des quelques piliers de comptoir accoudés plus loin sur le zinc.

J'avais essayé, plusieurs fois, d'arrêter pour diverses raisons, toutes meilleures les unes que les autres, mais finalement sans jamais réussir vraiment à tenir plus de quelques semaines. Et puis cette année là, une excellente — ou très mauvaise selon le point de vue — raison est survenue. Il m'est apparu urgent d'arrêter, par respect peut-être, par envie surtout.

J'avais entendu parler d'un médicament dont l'un des effets secondaires faisait que certains perdaient l'envie de fumer. J'ai voulu essayer et j'ai finalement convaincu mon docteur de me le prescrire. Normalement, avec ce médicament pris dans cette optique, il faut décider d'une date d'arrêt définitif de la cigarette, en général quelques semaines après le début du traitement. D'autres préconisaient de laisser l'envie disparaitre d'elle-même et c'est cette voie là que j'ai choisie. J'ai donc commencé à prendre cette molécule et j'ai continué à fumer. Au bout de quelques jours, une dizaine je crois, l'envie de fumer c'est faite moins pressante, moins stressante et j'ai commencé à tester mon envie d'arrêter. Je me disais le matin : Aujourd'hui j'attends une heure avant d'en fumer une, puis je suis passé à deux heures, puis à trois mais dès que l'envie était trop forte j'allumais une cigarette. En fait je n'avais d'autre contrainte que de prendre le médicament le matin et de voir jusqu'où il m'emmènerai dans la journée sans fumer !

Un peu plus d'un mois s'est écoulé entre le début du traitement et ce dimanche de Pâques où je me suis dit : Tiens aujourd'hui je vais voir si je peux aller jusqu'au soir, ce jour où j'ai finalement rangé mon briquet et laissé le paquet de cigarettes où je l'avais laissé la veille. C'est quasiment sans douleur ni contrainte que j'ai pu retrouver le goût et les saveurs. Fini le temps des bronchites à répétition. Fini le temps où il fallait s'habiller pour trouver un tabac ouvert le dimanche, malgré la pluie ou le froid. Une drôle de libération !

Souvent, avant ce moment, je m'étais dit que ça sera terrible d'arrêter, douloureux, pénible. Mais non, ça s'est passé comme un charme, tellement facilement que je me demande encore si je n'ai pas rêvé ! Imaginez un sevrage où l'on commence par fumer autant qu'on veut et aussi longtemps qu'on veut et que petit à petit on en ressent de moins en moins l'envie. Ce traitement ne fonctionne pas pour tous, d'ailleurs je me demande s'il n'y a pas un peu d'effet placébo la dedans, mais pour moi il a marché, malgré les risques annoncés (faibles en ce qui me concerne vis-à-vis du gain espéré).

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