Euthanasie

Depuis quelques temps je me pose la question à propos de la législation (ou plutôt de l'absence de) sur l'euthanasie. Quand je parle d'euthanasie, je parle des cas où le malade peut, en pleine conscience, faire un choix de vie ou de mort sur sa propre personne. À chaque fois je tente de peser le pour et le contre, d'imaginer ce que pourrait être ma décision dans un cas extrême ou cette solution définitive serait préférable à toute autre, d'estimer la position pour ou contre de certains alors qu'ils avancent des arguments tout à fait recevables et justifiés de leurs points de vue, qu'ils soient scientifiques, éthiques ou religieux.

Pour résumer, le choix de légiférer et par conséquent d'autoriser cette pratique revient à faire la distinction entre un fait objectif — la douleur, la pénibilité, les souffrances endurées, qu'elles soient physiques ou psychiques, l'absence de soins palliatifs suffisants, etc — pour la personne en question et l'impact de son état vis à vis de la société et plus directement son entourage proche — ne plus rester à charge, éviter la déchéance, soulager les proches, …

Certains évoquent le risque de dérive si cette loi venait à être promulguée, par exemple vis à vis de personnes affaiblies ne serait-ce que par leur grand âge et des insuffisances qu'il implique. Il existe en effet, mais il reste un risque, pas un fait. Prétexter que tout n'a pas été tenté, que tout n'a pas été essayé, comme je l'ai souvent entendu, ne prend habituellement pas en compte la dignité de la personne dans le sens où elle ne peut choisir. Cela reviendrait à dire qu'une personne malade et condamnée — dans l'état actuel de nos connaissances — perd le droit de disposer de sa personne, de son avenir et de sa liberté ? De plus, cette dérive tant annoncée n'a pas été constatée dans les pays où ce droit existe.

D'autres invoquent le fameux serment d'Hippocrate et son Je ne provoquerai jamais la mort délibérément bien hypocrite car on sait mais on ne dit pas que la pratique est parfois bien éloignée de la théorie. Comment dans ce cas distinguer un médecin pratiquant cet acte d'un assassin ? Simplement parce qu'il est médecin et que c'est contre sa nature profonde d'aider à mourir !

Je ne prétends pas savoir, je ne prétends pas dire ce qu'il faut, j'écris simplement des mots qui témoignent de ma réflexion à ce sujet. Celle-ci pourra varier à l'avenir, peut-être en raison de nouvelles découvertes scientifiques, mais aujourd'hui elle m'amène à la conclusion qu'il faut donner ce pouvoir à celui qui en a le plus besoin. Il faut que l'homme puisse disposer de lui-même sans contraintes et qu'il puisse effectuer ses propres choix.


Edit : Je viens de lire ce billet, très complet bien qu'en vrac (dixit l'auteur) et qui va beaucoup plus loin dans cette réflexion.

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