Un scandale est arrivé

Ce soir c’est une nouvelle édition du Paris-Carnet qui s’ouvrira. L’heure est grave et pour faire bonne figure et avoir un sujet de conversation universel et fédérateur[1] j’ai choisi de préparer à l’avance quelques informations de la plus haute importance au sujet de ce qui a été élaboré il y a quasiment cinquante ans et qui n’avait jamais fait l’objet depuis de la moindre modification. Je me souviens encore de l’envie irrépressible qui m’habitait lorsque je m’apercevais qu’un sachet tout neuf de ces merveilles avait élu domicile dans un des placards de la cuisine quand j’étais petit.

C’est du bonbon le plus vendu dans le monde — ce record a été dument enregistré par le Guinness World Records — et qui est apparu en 1961 dont je veux parler. Il est plus vieux que moi et il s’en vend environ 4000 tonnes tous les ans. Pas mal n’est-ce pas, joli succès ! Ordonque voilà-t-il pas que ces messieurs ont changé non seulement la décoration du papier qui entoure cette friandise incomparable entre toute mais également son contenu ! C’est là qu’est le scandale. Ils ont changé et dénaturé mon bonbon fétiche. Celui que j’avais goulument avalé pendant mon sevrage tabagique d’il y a quelques années. Les rustres, les sauvages, et sans prévenir qui plus est. Nulle mention de nouvelle recette sur le paquet, aucun avertissement, rien.

Pour la première fois, hier, alors que j’avais goûté les différents parfums présents dans le sachet j’ai remis ceux qui restaient sur la table dans le paquet fraîchement arrivé dans le placard de la cuisine. Ce qui ne m’était jamais arrivé depuis que je les avais goûtés pour la première fois alors que j’étais enfant. Vous vous rendez-compte ? J’ai délibérément écarté des Régal’ad ! J’avais eu un mauvais pressentiment en voyant le changement dans l’emballage. Un papier plus cheap, moins joli, sur fond vaguement coloré. Fini le joli papier blanc glacé et les couleurs flamboyantes qui promettait le délice à venir. Et puis le goût qui n’est plus le même. J’ai pourtant essayé celui au citron, et puis celui à la cerise espérant retrouver la sensation passée, mais non. Le pire restera tout de même celui à la framboise. Une quasi abomination celui-là. Je suis dégoûté, ma vie n’aura plus la même saveur…

Tout fout le camp moi je dis. Tout fout le camp. D’ailleurs il paraît même que la carte de l’Assassin a changé depuis quelque temps ! C’est dire si tout fout le camp… J’espère qu’ils continuent tout de même à servir de la Guinness qu’on puisse débattre à loisir de ces hérésies ;-)

PS : J’ai voulu illustrer avec une photo des anciens emballages et des nouveaux mais pas moyen de mettre la main sur des photos libres de droit. De plus je n’ai plus aucun exemplaire des anciens, des précieux, ils sont perdus, à jamais — enfin j’espère que non, mais bon. Quand aux nouveaux… je préfère les oublier.

Notes

[1] C’est une coutume que j’ai repéré sur quelques blogs, lorsqu’un Paris-Carnet arrive, on voit fleurir ici et là quelques billets, publiés à point nommé, comme s’il était besoin de cela pour justifier sa présence dans ce rendez-vous historique de blogueurs ce qui est un aveu de méconnaissance de la règle qui veut que n’importe qui, non blogueur compris, puisse s’y présenter et y être accueilli à bras ouverts.

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