Albert Simon avait raison

il pleuvla le 21 à Clelmont-Felland…

Albert Simon, Bulletin météo sur Europe 1 il y a longtemps

Vous vous souvenez de sa voix de casserole fêlée (formule reprise sur l’article Wikipedia le concernant) ? Moi oui ! Il a, avec sa voix reconnaissable entre toutes, émaillé mes journées d’enfant de ses prévisions parfois un petit peu fantaisistes. Cette voix[1] et quelques autres — au moment où j’écris je repense à celle bien connue de Denise Fabre qui nous disait les programmes télé à venir — font partie des rares souvenirs sonores[2] que j’ai de cette époque, en compagnie de quelques mots en italien du temps des vacances passées sur la plage à Pesaro sur l’Adriatique, ou bien encore de l’accent du terroir particulier de ce fermier chez qui j’allais tous les ans au mois d’août.

Albert Simon, source: INA.frJe me souviens de ces jours de fin de printemps, mai et juin, où à l’affut d’une prédiction de beau temps, nous tendions l’oreille à ses premières paroles dans le poste de radio en espérant que nous aurions l’autorisation de porter nos belles chaussures de sport toutes neuves. Celles qu’on avait attendues et espérées si longtemps avec mon frère, les blanches, en cuir, avec les trois fameuses bandes noires de chaque côté. Je me rappelle la fierté de les enfiler, de les nouer et de partir avec sur le chemin de l’école, savourant à l’avance les exploits de vitesse que nous serions capables d’accomplir une fois dans la cour d’école. Le trajet était court, trop court parfois, tellement nous avions la sensation de voler et de rebondir, surtout lorsque nous rentrions le soir et où il fallait les nettoyer et les ranger avec l’espoir qu’Albert Simon nous dirait encore du beau temps pour le lendemain.

Les platanes, les parties de foot quand on avait la chance d’être choisi par les deux capitaines auto-proclamés, les billes et les soldats de plomb ou de plastique, la marelle dessinée entre deux pluies avec une craie chipée lorsqu’on était appelé au tableau noir par l’instituteur alors que nous attendions qu’une seule chose, la cloche qui annonçait la récré ! Je ne compte plus les jeux auxquels nous jouions dans cette grande cour d’école ou j’arborais fièrement mes chaussures de course. Il y avait toujours du soleil ces jours-là, sinon c’était souliers obligatoires car il était hors de question d’abimer nos trésors tout neufs. J’ai toujours aimé ces deux mois de début d’été, mai et juin, signes de fin d’année scolaire, de vacances à venir, de soleil et de chaleur. Et j’ai aimé cette voix qui annonçait un peu de liberté…


Publié initialement le 25 août 2008.

Et pour se souvenir, un petit extrait audio que j’ai trouvé sur le net :

Notes

[1] Heureusement que je connais au moins une personne qui a la mémoire des noms, parce que sans elle, je serai encore en train de chercher celui qui allait avec cette voix qui disait le soleil ou la pluie !

[2] Je suis toujours étonné de la façon particulière dont fonctionne la mémoire lorsqu’il s’agit de sens différents mais qui concerne des lieux, des personnes ou des événements communs. Je me souviens d’une voix mais pas d’un nom. Je me souviens d’un nom mais pas du lieu ni de l’époque, etc. Parfois la mémoire est plus complète et sur une scène particulière ne manquera qu’un nom de famille ou une date.

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