Paris-Web 2011

Je me souviens de mon premier Paris-Web, du premier Paris-Web en fait, puisqu’en 2006, année où je m’y suis rendu la première fois était également une première pour cet événement devenu un best-of depuis ce temps ! J’ai même entendu, ou plutôt lu sur Twitter, que c’était la seule conférence au monde sur ce vaste sujet intégralement traduite en LSF et donc accessible pour les sourds et mal-entendants !

Je me souviens de l’époque où, du côté de Montparnasse, j’avais croisé des déjà grands noms du web et je frôlais les murs en me demandant un peu ce que je fichais dans ce repère de designers-intégrateurs-développeurs moi qui n’avait fait du web qu’un petit moyen de publier deux-trois pages, que ce soit professionnellement ou personnellement. Certes je trainais déjà mes guêtres du côté de Dotclear, mais j’étais (et je suis toujours d’ailleurs) en phase d’apprentissage intensif. Certes mes premiers sites web dataient du milieu des années 90 (1994 ou 1995 je crois pour le tout premier) — je me souviens alors qu’ils n’intégraient aucune feuille de style et que toute la déco se faisait à l’aide de quelques images et d’attributs de balise HTML.

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J’avais été impressionné par l’ambiance déjà présente en j’en étais ressorti, deux jours plus tard (il n’y avait pas encore d’ateliers cette année là) avec la furieuse envie de m’intégrer dans ce microcosme si foisonnant ! C’était aussi la première fois depuis le début de ma carrière — j’avais déjà 23 ans de taf derrière moi — que j’assistais à un événement qui me concernait, ou plutôt qui me parlait d’un de mes métiers. Quelques mois auparavant cette première édition j’avais publié ici-même une étude de bonnes pratiques Opquast vs Dotclear qui avait été rudement bien accueillie — je crois même que certains s’en sont inspirés pour développer des outils — et c’était en cohérence quasi parfaite avec l’objet de cette conférence et cela m’avait donné envie d’y participer :

Accessibilité, qualité et design : comment concilier ces trois approches dans une optique de production de sites web, avec les contraintes et les exigences liées à des processus « industriels » ?

Depuis j’y suis retourné à quelques reprises, en 2009, 2010, et la semaine dernière pour l’édition 2011 et je vous propose de vous résumer ce que j’ai retenu ce cette dernière édition, ce que j’en ai perçu et ce que ça aura pu m’inspirer. Je reviendrai plus en détail sur les conférences des deux journées et sur les ateliers qui ont suivi (j’ajouterai ci-dessous les liens vers les billets correspondants) :

J’avoue avoir été un peu en décalage avec ce qui a été annoncé, présenté, que ce soit d’un point de vue purement technique ou méthodologique car ça me parait très éloigné des préoccupations immédiates de mon employeur qui ne souhaite qu’une chose : que ce qu’il demande soit fait vite et pour pas cher. Il m’impose sa façon de concevoir le design parfois en totale contradiction avec ce que j’ai pu apprendre ici (voir la conférence de David Rault sur les couleurs) ou là (voir la conférence d’Élie Sloïm et Laurent Denis sur l’accessibilité agile), idem d’ailleurs pour la mise en page web qui doit refléter l’équivalent print et je ne parle pas d’imaginer leur causer deux minutes de « Qualité web », ils me prendraient, a minima pour un illuminé ! Pour vous donner un exemple je n’ai pas encore réussi à leur faire admettre qu’un fil RSS pouvait être plus pratique qu’aller voir chacun des sites en question. Bref, c’est parfois un peu bisounours, rempli de bons sentiments, et le lundi il faut reposer les pieds sur terre et constater que ça n’ira certainement pas aussi vite qu’on le voudrait.

En revanche j’imagine assez bien appliquer les idées avancées par Maurice Svay, sans d’ailleurs que je le mentionne spécifiquement dans mes projets, parce que c’est plutôt facile à mettre en œuvre et ne coûte pas grand chose. Également parce que ce serait une bonne idée d’appliquer ça au développement de Dotclear, éventuellement au cours des install-parties qu’on organise de temps en temps.

J’ai été très surpris de l’implication des auditeurs sourds ou mal-entendants (et oratrice pour l’une d’entre eux) pendant les conférences, n’hésitant jamais à prendre la parole par signe et nous rendant alors plus handicapés qu’eux car nous attendions du coup la traduction de ce qu’ils étaient en train de signer. Je pense que pas mal de personnes présentes dans le public ont compris ce que signifiait concrètement que de souffrir d’un handicap — je ne suis pas sûr que souffrir soit le terme exact, peut-être que « porteur de handicap » est plus exact. J’ai constaté ça, et avec beaucoup de plaisir, lorsque la plupart des gens présents à la conférence de Sophie Drouvroy l’a remerciée en agitant les mains à la façon de la LSF après l’avoir applaudie. j’imagine sans mal qu’elle a du être pour le moins émue de voir ça !

J’ai appris beaucoup, et pas que techniquement. Quelques idées ont germé, parfois pendant une conférence — idée qui d’ailleurs n’avait pas grand chose à voir avec le sujet, mais un mot, offline, a fait tilt… —, parfois à la faveur d’une discussion impromptue avec telle ou telle personne. J’ai pu parler un peu photo avec Karl Dubost, Thanh et d’autres qui font des photos que j’admire — j’avoue humblement ne pas avoir osé déranger Izo, qui avait installé un petit studio photo, mais je me suis promis d’essayer l’année prochaine, j’ai quelques questions à lui poser. J’ai beaucoup photographié même si ce n’est pas toujours facile de capter la scène, le moment important d’une conférence ou d’un atelier. J’ai tout de même une belle photo de Karl en train de nous prouver qu’on peut fabriquer un sac d’ordinateur portable avec son seul jean et une paire de ciseaux en moins de 30 secondes ! Et puis surtout j’ai rencontré en trois jours plus de personnes que je rencontre pendant tout le reste de l’année, en tout cas dans le domaine du web. Et c’est Hubert-Cool !

Scotché est le maître mot de cette session. Scotché par les Lightning-talks de Daniel Glazman et Robin Berjon, scotché par l’organisation impeccable du staff de Paris-Web, scotché par la maîtrise et l’adaptation des traductrices LSF présentes pendant les deux jours de conférence, scotché par l’ambiance qui n’a pas molli tout au long des trois jours, scotché par la bonne humeur et la gentillesse de tous, scotché par la facilité avec laquelle il est possible d’approcher les orateurs pour leur poser des questions, scotché de voir que tous sont prêts à y répondre, y compris aux plus débutants d’entre nous, y compris quand c’est à cent lieues de leurs préoccupations, scotché par le faible coût de cet événement, scotché aussi d’avoir été reconnu le samedi par des inconnus parce que je portais mon bonnet marin (celui que j’ai sur ma photo d’avatar Twitter et ailleurs), et enfin scotché pour tout ce que ne n’ai pas encore cité !

Pour finir je citerai une phrase de Karl Dubost, prononcée pendant son atelier du samedi matin :

Construire des systèmes parfaits ça ne marche pas, construire des systèmes flexibles ça marche beaucoup mieux.

Karl Dubost, Atelier Paris-Web 2011

Rendez-vous l’année prochaine où j’essaierai d’être ubique cette fois-là pour assister à toutes les conférences et tous les ateliers. Il paraît que j’en ai loupé que des biens et dire que j’avais choisi que des biens. Vivement les vidéos ;-)

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PS : Si vous voulez jeter un œil aux photos que j’ai prises pendant Paris-Web 2011, allez voir cet album Flickr (ou via Fluidr) ou bien voyez le groupe Flickr Paris-Web 2011.

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