C’est écrit sur les murs

C’est écrit sur les murs, les pauvres, les sans-abris, les SDF n’ont pas le droit de cité en ville. C’est écrit sur les murs, à grands renforts de herses métalliques, de grilles agressives, à grands coups de pointes dignes des tortures du moyen-âge, de galets englués dans le béton vibré.

C’est écrit sur les murs, défense d’afficher, défense de déposer des ordures, défense de stationner. Il faut circuler, m’sieur-dames, ne restez pas ici, il n’y a rien à voir.

C’est écrit sur les murs, quand je vois, de plus en plus, ceux qui fouillent inlassablement les grandes poubelles sorties le soir, sur les trottoirs, les décharges sauvages qui se vident en une nuit à peine et je découvre le matin le peu qui n’aura pas été emporté. Il y a des Rroms parmi eux, mais ils ne sont pas la majorité, beaucoup de personnes sans le sou aussi, souvent âgées.

C’est écrit sur les murs, les prostituées qui arpentent le trottoir et qui m’alpaguent, de temps en temps. Un grand « nettoyage » (sic) avait été organisé il y a quelques mois ; quinze jours d’absence soudaine, et ensuite elles sont revenues, toutes, et je finis par connaître leurs visages, à force, celles qui me lancent un « bonjour » timide, espérant autre chose que le bonjour que je leur renvoie.

C’est écrit sur les murs, il faut rester dans les clous, sinon partir…

C’est écrit sur les murs, quand « ma norme » est la seule valable, qu’ils disent, les fachos, les réacs, les cathos intégristes, les ayatollahs, les péjoratifs qui ne supportent pas la différence, qui avides de prendre et ne pas partager. Je me demande parfois ce qui arriverait le jour où tout deviendrait comme lui ou lui ou encore lui voudrait que ce soit. Le problème c’est l’autre, comme d’habitude.

C’est écrit sur les murs, lorsque les dépositaires prennent de l’aise avec nos libertés, changeons arbitrairement leurs données et voyons les réactions, après tout le panel se compte en millions, voire en milliards, pourquoi se gêner, ils n’ont rien à cacher.

C’est écrit sur les murs, 1789, une grande idée, … et puis après ça a foiré.

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