La route des Grandes Alpes - mai 2015

Comme vous le savez certainement j’avais choisi, pour solder les congés à prendre avant fin mai, d’aller faire un tour sur cette mythique route des Grandes Alpes. 2550 kilomètres en tout, dont 875 entre Sospel et Thonon-les-Bains, du niveau de la mer (à Menton) jusqu’à plus de 2300 mètres, et une quantité phénoménale de virages en tout genre. Des rapides, des lents, des lacets, des qui se referment sans prévenir, dès qui débouchent sur une vue incroyable, dès qui vous envoient directement dans un tunnel, … bref, un paradis de motard.

Trace Grandes Alpes 2015 entre Sospel et Thonon-les-Bains

Côté relief, ça donne ça :

Relief du parcours effectué

Évidemment, en partant fin mai, je prenais le risque d’avoir quelques cols fermés, surtout du côté des Hautes-Alpes, et c’est ce qui est arrivé pour le Galibier, la Madeleine et l’Iseran (qui de toute façon n’ouvre pas avant mi-juin). A priori j’avais plutôt prévu de faire ce trajet (voir la section en bleu sur la carte, entre Briançon et Bourg-Saint-Maurice) :

Relief du parcours effectué - bis

Je passe sous silence mes trajets aller (en passant par Sancerre, Vichy, Manosque, le Vercors — magnifique —, Antibes, Monaco, Menton) et retour (en passant par Le Creusot), avec quelques étapes chez les copains ici et là et je vais vous détailler les quatre jours passés à parcourir les Alpes du Sud vers le Nord.

Pour vous donner une idée, question élévation, ça donne ça :

Grandes Alpes 2015 - élévation

Côté machine et équipement :

  • Pour la machine (BMW R1200RT, modèle 2013), avec valises et top-case, un bidon d’huile d’avance, des pneus quasi neufs (Michelin PR4 GT) et de quoi les réparer en cas de crevaison, moult affaires de rechange, ordi, appareils photos, etc, etc
  • Pour le pilote : Pantalon imperméable, veste Gore-Tex (plus sur-veste de pluie dans une valise, au cas où), bottes, gants mi-saison et casque, histoire d’être à peu près étanche. Le temps peut vite changer en montagne bien que j’ai eu une chance incroyable d’avoir un temps superbe toute la semaine.

Notez que les routes sont plutôt d’assez bonne qualité bien que j’ai pas mal souffert en descendant du col de la Colombière à cause des gravillons copieusement répandus sur la chaussée. J’avais changé ma monte de pneus quinze jours auparavant, sachant que les routes de montagne sont plutôt abrasives, et je pense que c’est prudent de le prévoir avant de partir.


Jour 1 - Sospel -> Saint-Martin d’Entraunes

27 mai : Sospel -> Saint-Martin d'Entraunes

La veille au soir à Sospel, petit village tout petit et magnifique. J’ai pris le temps d’aller m’y balader à pied pendant la soirée, après dîner.

Sospel

Premier jour en partant de Sospel où j’avais réservé une chambre à l’Auberge du Pont Vieux tenue par un couple d’anglais (d’après leur accent) très sympatiques, direction Saint-Martin d’Entraunes en passant par le Col de Turini, Les Clots, Saint-Sauveur-sur-Tinée et Guillaumes avant d’arriver à Saint-Martin d’Entraunes où j’avais une chambre réservée à l’hôtel La Vallière.

Sospel

Mon premier mais pas très haut col alpin, le Turini :

Col de Turini - 1607 m

Petite mise en bouche, 150 kilomètres parcourus, en à peu près 5 heures avec un arrêt déjeuner à Saint-Martin-Vésubie et quelques pauses café, histoire de s’acclimater à ce profil de route, pas très familier pour un parisien comme moi. Sur la route, quelques rares voitures, un ou deux camions et un car, pas mal de cyclistes, italiens essentiellement (je croiserai ensuite quelques belges et des français) et très peu de motos, quasi exclusivement des allemands, comme presque tout ceux que j’ai croisés pendant mon périple.

Saint-Martin-Vésubie

Le trafic routier est quasi nul et je me suis souvent retrouvé seul sur des kilomètres, à chanter (faux) à tue-tête histoire de voir si l’écho chantait faux aussi !

Panoramique au col de Vasson - 1662 m

Panoramique au col de Vasson - 1662 m.

J’ai découvert la roche rouge un peu partout pendant cette première journée, contrairement aux jours suivants où la roche est clairement plus grise voire noire, avec parfois des tunnels creusés dedans :

Roche rouge

Arrivé enfin à Saint-Martin d’Entraunes, à l’hôtel La Vallière, que je partagerai essentiellement avec des … allemands et un américain :-)

Saint-Martin-d'Entraunes

Je me suis baladé dans le village, dont j’ai fait le tour deux fois tellement il est petit, et je l’ai trouvé un peu triste avec pas mal de maisons fermées et en vente, je crois que j’étais assez pressé d’attaquer le programme du lendemain, un peu plus haut et un peu plus lunaire question paysage, et de voir de la neige d’un peu plus près.


Jour 2 - Saint-Martin d’Entraunes -> Briançon

28 mai : Saint-Martin d'Entraunes -> Briançon

Ce jour, 152 kilomètres parcourus, comme la veille — ces distances ne sont pas très élévées mais ça laisse pas mal de temps pour s’arrêter, profiter du paysage, faire quelques photos, des pauses café et arriver suffisamment tôt pour profiter de l’endroit où on passe la nuit, avant de dîner —, en 6 heures environ, avec au programme le col de la Cayolle le matin et l’Izoard l’après-midi.

Col de la Cayolle - 2327 m

Un arrêt déjeuner à Guillestre où plein de resto étaient ouverts, j’avais l’embarras du choix et j’en ai profité pour goûter quelques spécialités du pays :

Charcuterie du pays à Guillestre

Puis arrêt photo en haut de l’Izoard, toujours avec un temps magnifique (mais une température un peu plus basse qu’en bas, 11/12°C), ça sera le point le plus haut de mon périple 2015 :

Col d'Izoard - 2360 m

Puis ensuite descente tranquille vers Briançon — c’est incroyable comment Vauban a sévi dans la région, il y a des fortifications qu’il a fait construire partout !

Briançon

J’y avais une chambre réservée à l’hôtel de Paris, pas très loin de la gare et encore un repère de motards allemands, décidément et j’ai pris le temps de monter dans la vieille ville en haut, tout en haut, beaucoup trop haut à pied en fait :-)

Le soir venu, dîner en terrasse comme bien souvent pendant cette semaine.


Jour 3 : Briançon -> Bourg-Saint-Maurice

29 mai : Briançon -> Bourg-Saint-Maurice, 1re partie

343 kilomètres ce jour, avec une bonne partie en vallée, et qui m’aura pris environ 7 heures, pauses comprises.

29 mai : Briançon -> Bourg-Saint-Maurice, 2e partie

Pour cette journée, j’avais surveillé jusqu’à la veille au soir l’état d’ouverture des cols — et j’avais d’ailleurs préparé trois itinéraires, un par l’Iseran (optimiste), un par le Galibier, le Télégraphe et la Madeleine[1] et un dernier de secours, passant par Gap, le col du Glandon et Albertville — et j’ai finalement choisi de passer par le bas en me promettant de revenir une autre fois pour refaire ceux qui était encore fermés.

Lac de Serre-Poncon

Ça m’a permis de découvrir un joli lac, et le parc national des Écrins. Ensuite direction le col du Glandon, avec un petit détour de quelques kilomètres pour aller voir celui de la Croix de Fer, légèrement plus haut :

Col du Glandon - 1924 m

Col de la Croix de Fer - 2067 m

Toujours un temps superbe, une route beaucoup moins accidentée que celle à laquelle je m’attendais, j’étais ravi !

Col de la Croix de Fer - 2067 m

Pause déjeuner le midi, je ne sais plus trop où, mais en compagnie de motards, français cette fois, puis ensuite arrivée à Bourg-Saint-Maurice où j’ai pu déguster une petite mousse en compagnie de motards … allemands, à l’hôtel Autantic (un relais motard très chouette) :-)

Bourg-Saint-Maurice


Jour 4 : Bourg-Saint-Maurice -> Thonon-les-Bains

30 mai : Bourg-Saint-Maurice -> Thonon-les-Bains, matin

231 kilomètres (en 5 heures 30) pour cette dernière journée, avec une première partie en direction de La Clusaz pour la pause déjeuner, un petit détour pour aller voir la vallée des Confins :

Bourg-Saint-Maurice -> Thonon-les-Bains, vallée des Confins

Puis l’après-midi descente tranquille vers Thonon-les-Bains :

Bourg-Saint-Maurice -> Thonon-les-Bains, après-midi

Probablement la partie qui m’a le moins plus, peut-être à cause de toutes ses stations de ski fermées et en travaux — je préfère les Alpes du Sud à celles-ci — à part bien sûr le Cormet de Roselend, magnifique :

Cormet de Roselend - 1968 m

Et son lac, où je me suis arrêté pour déguster un café sur une terrasse qui le surplombait, seul au monde ou presque avec les quelques oiseaux qui piaillaient :

Lac de Roselend

Et pour le fun, une petite vidéo faite rapidement histoire d’écouter le silence, et les piafs :

Pause déjeuner à La Clusaz, avant d’aller faire un petit aller-retour pour voir la vallée des Confins, superbe.

La Clusaz

Enfin, direction Thonon-les-Bains où repu de virages, de montées et descentes, j’ai finalement dégusté le soir quelques filets de perche avec un ami, succulentes :

Filets de perche façon meunière

Avant de retourner passer ma dernière nuit dans à hôtel Aux Touristes (tenu par un motard et repaire de motards, français cette fois), à Habère-Lullin :

Habère-Lullin


Pour conclure je crois que j’ai eu de la chance avec la météo, même si quelques cols étaient encore fermés, de la chance avec les endroits où j’ai dormi ou mangé, toujours de bon accueil, de la chance avec l’état des routes, souvent du billard, parfois des gravillons même si ça ne représente qu’un ou deux pourcent de la distance parcourue dans les Alpes, de la chance d’avoir une machine facile qui pardonne pas mal les erreurs, surtout dans mes premiers lacets, de la chance d’avoir les moyens de faire ce périple.

Égographe à perche du Lac Léman

Je pense que j’aurais pu rouler un peu plus et faire quelques balades de plus, du côté de Sospel, j’avais une petite boucle à faire en vue, mais que j’ai laissée de côté pour cette fois. Il est probablement possible de faire ça confortablement en moins de jours également, 3 étant le minimum, à mon avis, si on veut profiter du voyage. L’avantage de partir fin mai était de n’avoir quasi aucune circulation, ce qui s’est avéré être le cas, mais l’inconvénient de quelques cols fermés et de quelques passages gravillonnés et pas encore nettoyés par le trafic.

Le Vercors

Quoi qu’il en soit j’en suis revenu avec la banane sous le casque et j’adorerai le refaire, en passant par les quelques cols que j’ai loupés (Galibier, Télégraphe, Madeleine, Iseran) et pourquoi pas à plusieurs motos, dans quelques années vu que j’ai déjà prévu un tour en Corse (2016 j’espère) et dans les Pyrénées (en 2017) !

Port d'Antibes

Maintenant il ne me reste plus qu’à rajouter un peu d’huile — environ 1/3 de litre consommé en 2500 kms — et nettoyer ma mobylette, les insectes l’ont copieusement décorée pendant mon périple ! Attention, ces derniers ont tendance à viser les yeux si vous roulez la visière ouverte ;-)


PS : Je vous mets les itinéraires prévus pour les quatre jours et la trace au format GPX en pièces jointes, si jamais vous vouliez les consulter sur votre ordinateur ou GPS préféré.

Note

[1] J’apprendrai le lendemain matin que la Madeleine était ouverte et que j’aurais pu y passer, c’est ballot car j’aurais pu suivre le deuxième itinéraire que j’avais préparé, par le Galibier dont le tunnel était ouvert, le Télégraphe et la Madeleine.

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