Obsession

J’ai appris très tôt, genre vraiment très tôt, tout les bienfaits d’une sauvegarde.

Déjà, ado, quand j’allais passer des heures chez la boutique d’informatique qui se trouvait sur le chemin entre la gare et le lycée, je pestais de ne pas avoir de lecteur de cassette sur l’ordi que je squattais. Obligé à chaque fois de retaper tous les programmes que j’avais soigneusement écrits sur mon cahier, copieusement annoté au fur et à mesure des évolutions…

Ensuite, après l’armée, j’ai fait un stage d’analyste-programmeur, mon premier pied réel dans ce qui allait devenir ma profession. À l’époque on avait accès à des terminaux reliés à un ordinateur central — me souviens plus trop le type, peut-être un gros Bull, mais je n’en suis pas sûr — et chacun avait son répertoire personnel.

J’avais à l’époque, développé un petit jeu assez sympa, qui tirait parti des maigres ressources graphiques des écrans de l’époque, jeu qui était basé sur une grille masquée dans laquelle étaient placées un nombre variables de billes qui influait sur le parcours d’un rayon lancé depuis l’un des quatre bords. Le but du jeu était, vous devez vous en douter, de déterminer la position exacte de chacune des billes en un minimum de tirs.

J’avais passé un peu de temps à développer, à tester, à peaufiner lorsqu’un matin, en allumant le terminal et en chargeant le code source, je m’aperçois que l’intégralité de mon dossier personnel avait été effacé par un gars — qui était ravi de voir l’effet de son méfait — qui faisait le stage avec moi[1].

Je peux vous dire que j’ai compris ce jour tout l’intérêt d’avoir une sauvegarde, c’était au début des années 80.

Depuis, et c’est une quasi obsession, je sauvegarde tout le temps, partout…

Note

[1] Je l’ai bien évidemment maudit sur treize générations.

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