Renaissance

Ça m’amuse, et ça m’enchante pas mal il faut le dire, d’écouter, ou plutôt de lire la renaissance du temps pris à écrire et à publier chez soi, comme c’était le cas il y a quelques années sur nos blogs respectifs, avant les réseaux sociaux et probablement après, en tout cas pour le mien que je compare parfois — la vanité n’est jamais très loin — à une sorte de testament/journal qui n’aura certes guère plus d’intérêt que pour ma tribu, et encore vu que tout ce qui est publié ici depuis des années rouille gentiment[1] !

Note : ce billet inaugure une façon un peu oubliée de publier. Premier jet, relecture pour l’orthographe parce qu’il faut pas déconner quand même, et boum, en ligne. Fruit des réflexions du moment avec des Karl, des Emmanuel, des Clochix, des David, etc.

Stéphane Deschamps, Comment apprendre

J’apprends a posteriori que je suis, depuis des années (depuis ma présence numérique sur le web), le principe POSSE posé par l’IndieWeb[2], je l’ai déjà évoqué ici-même. Ça me paraissait évident et je constate que ça ne l’est pas pour la majorité, ce qui ne me laisse pas de me surprendre, en tout cas parmi ceux que je lis.

Ça me permet, comme le souligne beaucoup mieux que moi Pep — qui va probablement rougir quand il va lire qu’il fait partie de mes influents —, de contrôler ce que je lâche à la pâture publique. Pour être franc, je ne publie pas qu’ici, évidemment.

Je publie souvent des photos sur Instagram, mémoire des endroits que j’ai remarqué ; photos qui me servent régulièrement d’illustration dans les billets que je publie ici, façon de me les réapproprier localement.

Je raconte des conneries, parfois sérieuses ou polémiques sur Twitter ; mais ça n’a pas vocation à perdurer. C’est et c’est totalement assumé, tout à fait éphémère et perdre ce que j’aurais dit là-bas n’aurait strictement aucune conséquence pour moi. Comme l’a dit une fois Kozlika, Twitter est une sorte d’agora, ou chacun parle et écoute ce que d’autres disent ; le téléphone arabe est reproduit tel quel avec les retweets, avec l’apport de la copie parfaite de l’original ; c’est un avantage du numérique par rapport à l’analogique d’antan, que certains ne manqueront pas de classer dans la case des inconvénients.

Quant à Facebook, pour terminer le petit tour, il ne me sert guère plus qu’à signaler ce que je publie ici, ou à lire ce que d’autres y publient.

Pour en revenir à la publication chez soi, hormis le contrôle évident de ce que vous vous permettez de faire chez vous, même si d’autres vous regardent par la fenêtre, il y a aussi l’intérêt immédiat de la béquille mémorielle qu’elle apporte. Là encore Pep expose en quelques mots l’avantage d’avoir ça sous la main, chez soi et pas éparpillé chez les autres :

Mais revenons-en à la mémoire utile. Avez-vous déjà cherché à remettre la main sur quelque chose que vous avez publié sur l’un ou l’autre des réseaux sociaux ? Je parle évidemment de ceux sur lesquels vont être vraiment actif. Je dois être particulièrement gauche à ce jeu-là puisque j’en ressors généralement bredouille. Ici, j’ai des archives claires (ou presque), la possibilité d’une vraie recherche plein texte (que je ne partage pas encore avec vous). Un luxe qu’aucun des silos en vogue n’offre vraiment (à ma connaissance).

Pep, Interroger nos pratiques de publication en ligne

Clair et limpide.

Un autre volet, plus technique, concerne l’outil. Quel mode, quelle technologie utiliser, quelle garantie quant à la préservation/migration de nos écrits, écrits englobants les images qui les accompagnent.

J’en connais qui changent au gré de leur envie d’apprendre ou d’essayer, passant d’un ancien Wordpress/Spip/Dotclear à une publication statique via un dépôt versionné, perdant parfois au passage leur mémoire et par ricochet la nôtre.

J’en connais qui ouvrent un blog pour l’abandonner quelques temps plus tard, celui-ci vieillissant dans son coin jusqu’à ce que le support périsse (via le nom de domaine ou le support physique ou parce que la plateforme utilisée disparait) ; là aussi nôtre mémoire s’étiole de ces éphémères traces perdues parce que sans importances pour leurs auteurs, même s’il elles en avaient pour leurs lecteurs.

Et J’en connais d’autres, dont je fais partie d’ailleurs, qui utilisent le même outil, le même endroit (au gré des migrations de serveurs parfois), pour publier. Souvent des « anciens », des dino-blogueurs[3] comme il était usage de les nommer à la grande époque des blogs, il y a une dizaine d’années. Tristan Nitot et son Standblog, Daniel Glazman et son Glazblog en sont deux parfaits exemples — au passage il faudra que je leur demande pourquoi ils continuent à utiliser Dotclear — ou encore Xave et son « Métaphore, il fait froid dehors » et l’indispensable Stéphane Bortzmeyer qui publie chez lui depuis 1995 ! Ça rouille peut-être, mais c’est pérenne !

Ça m’amuse et ça m’enchante de vous voir revenir, petit à petit vers une pratique que je n’ai jamais voulu lâcher, même si quelques événements m’ont parfois conduit à espacer son usage. Je terminerai par une petite citation dont je vous laisse le soin de retrouver l’origine :

Bonjour chez vous !

Notes

[1] Ceux qui savent à quoi je fais référence savent :-)

[2] Publier chez soi, en faire la publicité partout ailleurs.

[3] Groupe dont je ne fais pas partie, mon blog étant un peu plus jeune que la limite reconnue pour être ainsi nommé ; en 2003 il me semble.

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