Brèves d'urgences

Salle d'attente des urgences de Saint-Joseph à Paris

Petit aller-retour aux urgences samedi matin pour s’assurer qu’il n’y avait rien de cassé dans le poignet de mâme kozlika, à l’hôpital le plus proche de la maison, soit Saint-Joseph dans le 14e. Une station de métro jusqu’à Porte d’Orléans, trois de Tram jusqu’à Porte de Vanves et quelques minutes à pied et nous voilà dans la salle d’attente des urgences. Enregistrement et à peine le temps de s’installer qu’elle est prise en charge et disparaît derrière la porte…

On avait prévu smartphones chargés à bloc, plus une batterie de recharge de secours, au cas où, eh bien on en ressortira deux heures plus tard avec diagnostic et attelle à porter autant que de besoin pendant les quelques semaines à venir ; rien de très méchant, juste une vilaine entorse (déchirure de ligament) à qui il faut donner le temps de se réparer.

Pendant ce temps j’ai live-tweeté un peu ce qui se passait, soit pas grand chose, et j’ai surtout observé mes semblables, pas très nombreux au demeurant ce samedi matin entre 10h et midi — c’est un bon créneau pour s’y rendre, pour autant qu’on puisse choisir son heure d’urgences !

Un forain méchamment blessé à l’arcade suite à un montage malencontreux de son stand ; il s’inquiétera plus d’ailleurs du forain voisin que de sa blessure, puisque ce dernier, je le cite, lui vole régulièrement des marchandises. Drôle d’ambiance sur les marchés, je les croyais plus solidaires que ça vu leurs conditions de travail, surtout en ces jours d’hiver humides et froids.

Une dame plutôt âgé et accessoirement agitée qui passera une heure au téléphone à se plaindre, entre autre chose, de ses voisins très bruyants, surtout sur leur balcon, en en faisant bien évidemment profiter tous les présents aux urgences. Dire qu’elle était venue ici, à la cafèt’ disait-elle à ses interlocuteurs, alors qu’elle n’avait rien à y faire, en tout cas aux urgences. Bref…

Ensuite ce seront les trois pompiers venus déguster une boisson chaude du distributeur, après avoir emmené quelqu’un, qui discuteront du Bataclan — ils n’avaient pas été sollicité ce jour là mais connaissaient des collègues qui l’avaient été et des connaissances qui avaient été touchés par le drame — puis basculeront ensuite sur des discussions plus « techniques » quant aux méthodes de réanimation, entre autre à propos du fameux bouche-à-bouche qui ne sert à rien, ai-je entendu ce matin-là ; il faut se concentrer sur le massage cardiaque et ne pas l’interrompre disaient-ils, c’est la priorité.

Une autre dame très inquiète parce qu’elle avait un panaris et qui en sortira avec une verrue une demi-heure plus tard, éprouvant le besoin de raconter l’intégralité de sa consultation avec l’hôtesse de l’accueil ; c’est magique les urgences !

Un gamin le pied emballé dans un sac en plastique bleu, ou une charlotte de pied — ça existe ça ? —, qui laissera sa chaussure de sport dans la salle tout le temps de son passage dans le coin ; nous sommes partis avant que je sache s’il l’aura oubliée définitivement ou si elle sera repartie avec son propriétaire.

Et pour finir cette petite dame très pressée qui à peine enregistrée et assise sur un des sièges s’était relevée aussitôt pour aller s’enquérir auprès d’une des hôtesses de l’accueil s’il était possible d’aller faire une course le temps que le médecin la prenne en charge ; l’innocente s’est faite renvoyer sur son siège illico presto sur lequel elle ne restera assise que trente secondes préférant aller aux toilettes, puis lire une affiche, puis reposer une question à l’accueil, etc tout en crachant à tout va la moitié de ses poumons, sans prendre la moindre précaution — si ça se trouve j’ai chopé le virus qu’elle nous a gentiment et largement diffusé pendant ses dix minutes d’attente ! [ à l’heure de publication de ce billet, la rédaction précise que l’auteur se porte très bien ]

Bref, c’était bref, justement, et plutôt plaisant à observer ; à vous les studios !

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