Conduite de la route

J’ai découvert, il y a quelques jours et sur quelques centaines de kilomètres, la conduite d’un véhicule en Espagne, et plus spécialement la signalisation et la voirie par rapport à ce que je connais en France.

Ma conclusion au bout de ces quelques heures passées à rouler de l’autre côté de la frontière : c’est beaucoup moins stressant là-bas qu’ici, mais vraiment !

Premièrement, une économie d’indication ou plutôt de signalisation et celle-ci n’est pas « noyée » au milieu de tous les affichages qu’on peut trouver en France, publicité au premier plan. C’est vraiment reposant !

Deuxièmement, les limitations ou interdictions, comme celle de doubler, sont limitées à la partie réellement efficace et pertinente alors qu’en France il n’est pas rare, une fois passé l’endroit dangereux — croisement par exemple — que la limitation de vitesse et/ou de dépasser se prolonge sur des centaines de mètres !

Enfin et troisièmement, mais là mon avis est clairement plus subjectif, j’ai l’impression qu’ils — je parle des conducteurs et pilotes espagnols — sont franchement moins énervés quand ils roulent et là aussi ça apaise rudement la conduite.

Les limitations de vitesse sont un peu moins basses qu’en France, les portions limitées sont plus réduites, du coup je me suis dit que ça avait surement un impact sur l’accidentologie, par rapport à la France. Eh bien il semble que non, si j’en crois quelques chiffres publiés en 2016, l’Espagne est plutôt bonne élève dans ce domaine, et devant notre pays !

D’autre part, j’ai le sentiment que l’état du réseau routier est en meilleur état qu’en France. Mais je n’ai pas assez roulé là-bas pour être absolument affirmatif sur ce point.

Je crois que nos édiles et autres commissions d’enquête Théodule feraient bien d’aller observer ce qui se passe juste de l’autre côté de nos frontières, avant de nous marteler que les réductions des limitations de vitesse, comme la prochaine prévue, sont le remède quasi absolu à la mortalité routière.

Auditer la signalisation existante, la rendre cohérente le long des parcours, éviter les sur-enchères de signalisation, surtout quand elle est noyée dans l’environnement, redonner au conducteur la responsabilité de l’application du code de la route, que chacun est censé connaître correctement, harmoniser les dispositifs — je pense entre autres aux bandes sonores espagnoles qui sont efficaces tout en étant moins violentes quand on roule dessus —, cette liste à la Prévert est longue, très longue…

Seulement qui aura le réel courage de se lancer dans un tel programme, qui demandera moyens, humains et financiers, avec pas mal de bon sens, et à l’abri des lobbyings de toutes sortes ? Il est clair qu’il est plus simple de réduire la vitesse moyenne de la flotte roulante, c’est plus spectaculaire — à condition que les résultats mesurés, dans quelques mois/années, soient significatifs — mais c’est probablement une mesure à cliquet (on ne reviendra pas en arrière si ça s’avère inefficace).

D’aucuns disent que cette réduction — je parle de celle qui vient réduire de 90 à 80 km/h la vitesse maximum sur les routes, je ne ferai pas le détail — est une réponse à la dégradation du réseau routier. Je n’irai pas jusque là, mais je mesure tout de même, années de moto après années, la qualité décroissante de nos infrastructures.

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