Forcer le trait

Est-ce d’ailleurs ce refuge dans les recettes mécaniques qui serait à l’origine de ce retour au code et autres geekeries ? Je n’en serais pas totalement surpris. Bidouiller en guise de pis-aller à la lecture, l’écriture. Substituer le vrai raisonnement par la seule logique, histoire de se voiler la face. De se dire qu’on réfléchit toujours, mais juste à d’autres choses, et façon différente. Se rassurer en construisant alors qu’on est incapable de créer. En résolvant alors qu’on est inapte à s’interroger. Peut-être est-ce que je force le trait, une fois de plus.

Pep, Noir sang

Curieux comme je me retrouve dans ce mécanisme, où la « logique » du code (du développement — de soi ? —[1]) est plus que confortable parce qu’univers maîtrisé, peu ou prou ! C’est binaire, marche, marche pas, bug ou pas bug, on (s’) ausculte, on (se) décortique, on (se) contrôle … et s’il fallait pousser l’idée encore plus loin, on ajoute des tests unitaires, fonctionnels, ceux qui vérifient à la fois le code et le bonhomme qui l’a pondu ! Je force le trait, à desseins ;-)

Sauf qu’à la différence du garçon qui cause, plus haut, je ne substitue pas ça à l’écriture ou la lecture, ça vient en plus, je force le trait, encore. En plus de mes lectures vespérales, en plus de mes écritures matutinales — ici même —, en plus des cours d’espagnol, en plus de mes reportages photos, en plus de mes balades à moto, en plus de la cuisine, en plus de la socialisation numérique et en live, en plus de … Jusqu’à sentir une vie parfois trop remplie et alors, pour souffler, je retourne au code, basique, facile et voilà (comme disent les anglophones) ; ça frise le burnout et j’ai une led qui clignote dans le cerveau pour m’avertir du prochain trop plein : j’appelle ça l’expérience, c’est pratique !

Faut dire que j’opte pour un fonctionnement pragmatique question questions existentielles : YOLO, en gros, et pour le reste c’est au fur et à mesure ; ce qui ne m’empêche de m’inquiéter de temps en temps pour mon futur d’après. Parfois je me réponds que si ça se trouve, dans moins de temps que la venue de ce temps là je serai cané … et hop plus de problème pour ma vieille retraite ! Sauf que j’ai des trucs prévus pour plus tard, faut pas déconner !

En vérité, je vous le dis, bros and sisters … — hi hi, ça vous rappelle quelque chose ? — j’ai beau chercher, j’ai tout de même pas beaucoup de raisons de me plaindre ! Surement la raison pour laquelle, même si l’envie est forte d’aller mettre un bon coup de pied dans la fourmilière, je ne ferai pas plus que ça de politique, un jour ou l’autre, même si j’ai quelques disruptives idées à commencer par changer de capitale ! Ça serait pas trop cool de changer de capitale, tous les ans, par exemple — à part que ça coûterait surement un pognon de dingue ?

Ah, aussi, parce que décidément je ne suis pas toujours d’accord avec ce garçon, je n’oppose pas création et construction, surtout dans le domaine du code ; mais c’est une vue de l’esprit, surement ! D’ailleurs comment tu vois ça toi ? C’est pas pareil ou bien — elle est ambigüe cette question, je l’aime bien, pas toi ?

La tropie, ce sont les objets inutiles, les imprimés publicitaires, les boîtes d’allumettes vides, les papiers de chewing-gum ou les journaux de la veille. Quand il n’y a personne dans le coin, la tropie en profite pour se reproduire. Par exemple, quand vous allez vous coucher en laissant de la tropie dans votre appartement, vous en trouvez le double à votre réveil le lendemain matin. Elle n’arrête pas de croître, encore et encore.

Philip K. Dick, Blade Runner

Je me demande s’il y a des tropies dans mon code ! Je me demande s’il y’ encore des tropies exogènes dans notre code ! J’aime bien ce terme de tropie numérique; faut que j’en trouve une ! Absolument…

Note

[1] Pouf pouf ; t’as vu l’incise dans la parenthèse ? Trop fort pour noyer le lecteur…

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