lundi 21 avril 2014

Les Romanichels

 

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Débarquaient dans l’école primaire en cours d’année, Sud-Ouest. Le teint sombre, les yeux brillants et noirs, nippés à l’occasion, à la débrouille.  Ils étudiaient un temps avec nous. Des liens se tissaient ou pas, selon l’éducation des enfants sédentaires. 

Voleurs de poules ou musiciens ? Peuple nomade ou mendigots ?

Dans le passé de ma mère, des Romanichels s’étaient installés tout près. Une entente était née entre les adolescents. Lors de l’enterrement du frère, on avait vu en fin de procession les jeunes basanés du camp d’à côté, les bras chargés de fleurs des champs.

 

 

C'est du propre...

Quand j’étais petit, il arrivait que, rentrant sale de la journée de jeux, cowboy ou foot, chasse au trésor ou vélo, l’on me dise :

« Allez hop, au bain, tu es tellement sale qu’on dirait un petit romanichel »



Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : Les romanichels

(081/397)

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dimanche 20 avril 2014

Les timides

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Une boutique encavée, les fenêtres s’ouvrent à ras le sol, par ailleurs en pente. Un homme âgé chaussé de lunettes aux verres bleus nous invite à visiter l’endroit.

Peuplé d’affiches de cinéma, de vieux disques, d’objets de brocante. Jacques Brel ne sait pas pourquoi la pluie quitte là-bas ses oripeaux que sont les lourds nuages gris… Des fiches ciné à collectionner, Bebel au mur plus magnifique que jamais. L’endroit est un havre pour les nostalgiques. Pour les amoureux des vieux papiers, des histoires en Technicolor.

Avant que nous partions, monsieur Cinéma nous propose de regarder un peu d’une vieille bobine. On ose à peine dire oui. Les bobines sont lancées, ça fait un bruit fabuleux, La Bande à Bonnot en vignette muette sur un écran de fortune nous laisse babas.

Un aveugle venait souvent chez notre ami, juste pour le plaisir d’entendre le projecteur.

80/397 : Les timides

Le stéréotype des timides, c'est "Il a l'air désagréable comme ça, mais en fait c'est une crème, il et juste très timide". Je pense "timide", et j'ai du mal à imaginer autre chose que "gentil qui rougit". Mais il y a aussi sans doute des timides qui sont de sacrés connards, y a pas de raison, non ? Alors je cherche : est-ce que je connais des timides sales types, ou des pétasses timides ?

397 chansons à prise rapide ?
Aujourd'hui "Les timides" de Juliette

Les timides...

Je fais partie de cette grande caste que sont les timides. Souvent dans la rue je vois des gueules, des photos à faire et je n’ose pas ; là où je reste en admiration devant ceux qui font de magnifiques portraits, moi je me contente de dos ou du lointain.

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Là où des fois les portes s’ouvrent en grand pour que je présente, propose mon travail, il me faut me faire violence pour que je les franchisse !

Et alors, je ne vous parle même pas de drague, des femmes…

Adolescent, et même jeune adulte pour m’entrainer à passer outre ce handicap j’allais acheter Playboy, Newlook ou tout autre magazine dit pour adulte et le présentais directement à la caisse sans les cacher discrètement dans un autre magazine neutre comme il était souvent coutume de le faire. 

Je sais, le ridicule ne tue pas, il n’empêche que cela m’a été utile pour apprendre à maitriser certaine de mes réactions…

Et puis, avouons-le, la lecture qui suivait avait aussi un intérêt certain…

Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : Les timides

(080/397)

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Les timides

L’accalmie fut de courte durée finalement. Les spams affluent de nouveau en masse depuis hier, après quelques semaines passées avec un ou deux spams par jour, me voilà bombardé d’une centaine et plus quotidiennement.

Il est probable qu’un réseau de botnet ai été remis en route après avoir été démantelé ou arrêté, sans que l’adresse d’ici fut perdue. Cela dit tout ça n’est pas très grave vu qu’Akismet fait toujours très correctement ce pourquoi il a été conçu.

Il gardait en mémoire ce jour où il était arrivé chez un couple d’amis fiers de présenter au monde leurs jumeaux. L’un deux était colérique, fébrile à l’idée de téter ; de peur de déclencher des hurlements, sa mère le nourrissait en priorité. L’autre, timide, retenu, attendait son tour en silence. Nicolas y voyait une métaphore universelle : les emmerdeurs passeraient toujours les premiers.

Tonino Benacquista, Quelqu’un d’autre

Voilà, ensuite ce sont eux qui klaxonnent et qui forcent le passage, je les croise tous les jours, sur la route et pas plus tard qu’hier en rentrant d’une petite balade alors que quelques bouchons s’étaient accumulés sur la route du retour vers Paris.

Je n’ai jamais observé une amélioration en résultat d’un coup de klaxon énervé au milieu d’une file de voiture au pas ; alors dans ce cas, je remonte précautionneusement les files et les laisse à leurs ires et leurs courroux, et je suis bien trop timide pour leur afficher le sourire qui me prend d’une oreille à l’autre, sous mon casque !

samedi 19 avril 2014

79/397 : Un monsieur me suit dans la rue

J'espère qu'il est en bonne condition physique : je suis perpétuellement sur le point d'être en retard (ce qui est TRÈS différent d'être en retard), je tire les minutes par la queue, alors pour ne pas faire basculer mon organisation précaire, une fois dans la rue, je galope, je galope...

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Aujourd'hui "Un monsieur me suit dans la rue" de Juliette

Un monsieur me suit dans la rue

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Villa Cronstadt, enclave désuète à l’ombre des tours de la Place des fêtes.  Un homme me suit dans la rue. Un promoteur ? Un bobo rêvant d’un viager entre nous ? Bonne chance gamin, je ne manquerai pas la prochaine éclipse de soleil (le 12 août 2026).

Un monsieur me suit dans la rue

C’était plutôt étrange, pas vraiment effrayant, plutôt singulier. Jamais il ne m’avait abordé, parfois précédé, parfois suivi, parfois même à ma hauteur, sans jamais proférer un mot, un son.

Je m’étais arrêté plusieurs fois, l’avais observé à la dérobée, craignant de lui faire comprendre que j’avais compris qu’il me suivait et qu’il ne réagisse violemment, mais il n’avait, à aucune occasion, bronché.

J’avais alors décidé de l’ignorer et de poursuivre mon chemin.

Je me souviens encore, vivace dans ma mémoire, de son allure. Plutôt grand, habillé entièrement de sombre, il avait une démarche assurée et ne semblait pas hésiter sur sa destination. À chacun de mes changements de direction, à la faveur d’une traversée de rue, ou encore pendant l’attente du bus qui devait arriver il n’avait montré le moindre signe d’affolement. Un vrai professionnel.

Il était tête nue, ne semblait rien avoir dans les mains qu’ils portait régulièrement de côté, comme pour s’assurer que rien n’avait bougé. J’avais remarqué au bout d’un moment l’objet qu’il portait à la hanche. Plutôt imposant, lourd à ce qu’il me semblait, tout aussi sombre que le reste de sa tenue.

Au bout de quelques minutes, alors qu’on attendait le bus du retour, il porta l’objet en question vers son visage. Un appareil photo. J’entendis très distinctement le bruit du déclenchement lorsqu’il prit ce camion tagué de l’autre côté de la rue, sous les lumières orangeâtres de ce soir urbain.

Comme une atmosphère de BD…

Je l’ai perdu de vue une fois monté dans le bus, probablement parce que j’avais fini par ne plus m’en préoccuper, mais je suis sûr et certain de le reconnaître si je venais à le croiser de nouveau.

De Charibe à Sheila...

— S’il vous plait, s’il vous plait…

— oui ?

— Vous pouvez m’aider, j’ai peur, un monsieur me suis dans la rue, il a un air inquiétant, si vous pouviez m’accompagner un moment

— Mais bien sûr, avec plaisir, pas de problème, vous vous appelez ?

— Ernestine, Ernestine Mercier, et vous ?

— Jack, Jack The Ripper… 


Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : Un Monsieur me suis dans la rue.

(079/397)

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