jeudi 24 avril 2014

La boîte en fer blanc

Il y avait celle que ma grand-mère conservait, pour mettre le parmesan, dotée d’un double couvercle, le premier à gros trous et le second hermétique. Cela dit je me demande s’il n’était pas plutôt en aluminium.

Il y avait celle que mon grand-père avait pour ranger tous ses timbres, que j’avais pris le temps de trier un été, espérant secrètement trouver celui qui serait coté des dizaines de milliers de francs dans le guide que j’avais acquis à l’époque. Que nenni, il n’y avait que du tout venant à part peut-être ceux venant d’Allemagne avant la seconde guerre mondiale et qui valait des centaines de milliers de Deutschemark de l’époque, au moment de la grande dépression.

Il y a celle qui contient tous les boutons en vrac, rangée sur l’étagère, dans les toilettes, et qui prend la poussière depuis le temps. C’était celle qu’utilisait sa grand-mère, couturière, pour conserver son stock.

Aujourd’hui les boites sont quasiment toutes en plastique, plus ou moins transparentes, laissant à la vue de tous les trésors qu’elles contiennent. C’est beaucoup moins drôle !

On est assez mesquin avec les morts ; à peine le sont-ils qu’on les enferme dans des boîtes noires, bien fermées, puis dans la terre. On s’en débarrasse. Ou bien on les maquille, on les défigure, on les exposes aux pâles lueurs de l’électricité, on les transforme en les figeant. Il me semble qu’on devrait les exposer au soleil dix minutes, les mener au bord de la mer, s’ils l’ont aimée, leur offrir la terre, en fait, une dernière fois, avant qu’ils ne s’y mêlent à jamais. Mais non, on les punit de leur mort. Au mieux, leur joue-t-on un peu de Bach, de musique religieuse que généralement ils n’aimaient pas.

Françoise Sagan, Le Garde du coeur

Voilà, une boîte en fer blanc, posée ouverte sur un rocher au bord de la mer et basta, cette dispersion au vent ou à la marée m’ira très bien…

Boite à souvenir…

C’est une vieille boîte à gâteau, l’une de celle en ferraille, récupérée, que maman recevait chaque année de sa sœur ou de sa mère avec dedans des biscuits de Noël qu’elles faisaient exprès pour nous.

J’en avais fait mon coffre à secret à une époque où ne restaient bien souvent des amours de vacances qu’une adresse postale. Ni Facebook, ni mél, encore moins de SMS. C’était un siècle où l’on rougissait quand, au retour de l’école maman vous disait un petit sourire au coin : « Il y a du courrier pour toi » en vous tendant une enveloppe qui ne laissait aucun doute quand à son contenu.

Ma boîte à nostalgie c’est donc rempli au fils des années de ces courriers amoureux tout autant que ceux amicaux, des cartes de vacances, quelque faire part, et surtout beaucoup de souvenirs.

En vieux con que je peux être, Je regrette un peu cette époque où les échanges épistolaires étaient chose évidente.

Qui, de nos jours, garde trace des SMS ou des mails d’amours autant que d’amitié ?

Conséquence de se billet, voilà que je replonge, sourire en coin, quelque décennie en arrière en compagnie de Valérie, Isabelle, Anne, Françoise, Laurent, Nicolas, Éric et tant d’autres…

Certain n’aime pas ces immersions en pays nostalgie, moi j’adore, souvenir n’est pas tristesse, c’est juste un bout de vie passé, un espace temps défini ; l’essentiel étant de ne pas oublier le présent…

Je vous laisse, je crois que ce soir je ne suis pas couché !

Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : La boite en fer blanc.

La boite à souvenir

(084/397)

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mercredi 23 avril 2014

À voix basse

042Sans doute les plus jolies jambes de  la rue Montorgueil, je vous chuchote ça…

 

83/397 : À voix basse

À voix basse, je chante deux chansons en alternance à Hiboute le soir : Dream a little dream of me, et la Ballade irlandaise de Bourvil (une version toute personnelle, basée sur des souvenirs vieux de quinze ans - c'est une chanson que j'avais apprise à la chorale de mon collège...).

Seulement deux chansons... Je me renouvellerais bien mais je ne pense jamais à chercher d'autres idées. Ce soir, c'est l'occasion ! Vous chantez quoi, vous, à vos pitinenfants pour les endormir ?

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Aujourd'hui "À voix basse" de Juliette

A voix basse

Imaginez quatre personnes marchant de front et discutant de choses et d’autres. Vous vous situez sur un des bords et vous voudriez à tout prix vous retrouver au centre du groupe. Comment faire ?

Eh bien c’est très simple. Accélérez un peu pour dépasser les trois autres, puis, une fois cette manœuvre effectuée, décalez-vous vers la place convoitée, un pas vers la droite si vous êtes à gauche du groupe ou inversement, de façon à vous trouver juste devant la personne occupant la position espérée.

Ensuite, ralentissez le temps de vous faire rattraper par le groupe tout en veillant à rester devant la personne qui se trouve derrière vous. Au bout de quelques pas celui-ci n’aura d’autre choix que de se décaler vers votre ancienne place, soit de rester derrière. Vous n’aurez plus alors qu’à profiter de votre nouvelle position centrale.

C’est très efficace, avec peut-être le risque de vous froisser avec celui que vous aurez évincé. Mais qui veut la fin veut les moyens, hein ?

Voilà un petit truc à ne pas hurler sur les toits, sinon ça promet un joyeux bordel sur les trottoirs de nos rues !

Chutttt...

— hé t’a vu ? sssssrobe ssss

— Qu’est-ce que tu dis ?

sssssrobe ssss…

—Mais parle plus fort, je ne comprends rien !

—Mais je te dis que sssssrobe ssss là bas…

—Ahhhh ! tu trouves que la grosse dame est ridicule avec sa robe à fleurs…

—Shhhhhhuuuutttt

—quoi chut ? Tiens elle n’a pas l’air content la dame…

— …

— Ben quoi qu’est-ce que j’ai encore dit ? Pourquoi tu fais la gueule ?


Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : À voix basse.

(083/397)

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mardi 22 avril 2014

82/397 : Tu ronfles !

J'ai beaucoup entendu mon père ronfler, enfant. Un ronflement puissant, très sonore, pas tout à fait régulier, avec ces variations qui font croire que ça va s'arrêter juste avant que ça ne reparte de plus belle... Odieux, insupportable, à vous rendre marteau. Mon père s'endormait partout et ronflait à qui mieux-mieux, aux concerts surtout : il y a mis beaucoup de vigueur lors d'une symphonie de Haydn notamment.

Grâce à lui, je mesure pleinement la chance que j'ai de vivre avec un homme qui ne ronfle pas. Sinon... On aurait investi dans un bon canapé il y a bien longtemps ! (là, on achève de pourrir celui qu'on n'emmènera pas dans le futur appartement).

397 chansons à prise rapide ?
Aujourd'hui "Tu ronfles !" de Juliette

Tu ronfles !

Je n’ai jamais supporté les ronflements, y compris les miens. Ces sons m’irritent quand je suis réveillé, et m’exaspèrent quand j’essaie de dormir.

Il y a de nombreuses années, alors que je parcourais le Chemin de l’Inca au Pérou, j’en ai vexé mon père. Au camp, il y avait d’un côté les tentes des randonneurs (nous, un groupe d’européens) et de l’autre les tentes des porteurs. J’ai migré mon sac de couchage vers les tentes péruviennes, pour pouvoir un peu dormir. Autant le guide et les… Lire Tu ronfles !

Tu ronfles !

sepia

 

Mouche-toi…

Tu ronfles...

L’on m’a reproché bien des choses, mais celles qui ont eu la chance de partager mes nuits ne m’ont jamais blâmé de ronfler ; le contraire n’a pas toujours été vrai. 

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de rares exceptions pour cause de rhume ou de rhum, l’alcool aidant apparemment ce genre de débordement.

Le fait que je n’arrive pas à dormir à plat dos est certainement pour beaucoup dans mon silence tout relatif ; des fois je cause dans mon sommeil !

Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : Tu ronfles !

(082/397)

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