samedi 5 avril 2014

65/397 : Il s'est passé quelque chose

Les garçons de mon quartier se sont manifestés vingt-quatre heures trop tard pour le blog, en piquant une barquette de raisin chez le primeur, sous mon nez éberlué.

Alors c'est autre chose qu'il s'est passé et que je vais vous raconter.

Soirée tardive chez des amis aux Lilas. On a prévu le coup, emmené Hiboute en poussette pour pouvoir l'y coucher, et rentrer ainsi sans la réveiller (bon en fait c'est un plan qui ne marche jamais, elle se réveille toujours et on traverse Paris assoupi avec un bébé un peu dans le coltar mais les yeux bien ouverts).

Le moment venu, je l'emmène dans une chambre à l'écart du bruit et je l'allonge dans sa poussette. Je chantonne, puis je chuchote des mots d'amour, comme on fait à la maison d'habitude. Mais, comme on est dans un endroit inconnu pour elle, je décide de rester à ses côtés jusqu'à ce qu'elle s'endorme - ça prend une dizaine de minutes normalement. Alors nous restons là, dans la pénombre, elle est tranquille mais ses paupières n'ont pas l'air lourdes du tout, j'attends j'attends j'attends et elle ne dort toujours pas.

Au bout de vingt ou trente minutes j'en ai un peu marre, alors je lui dis "Chouquette, je vais te laisser t'endormir, je suis juste à côté d'accord ?" Et là, elle me fait oui de la tête (alors qu'elle manie le non avec beaucoup plus de facilité...), et au revoir de la main. Genre "Oui allez c'est ça bonne nuit, tire-toi maintenant maman".

Et bien entendu, après mon départ, elle s'est endormie en vingt-deux secondes.

Elle m'a bien fait rire...

Bien avant que Hiboute arrive dans nos vies, j'aimais déjà la devinette : "Qu'est-ce qu'un gilet ? C'est un vêtement que met un enfant quand sa mère a froid..."

Je découvre que le gilet est bien plus large que ce que je croyais, et ne protège pas, censément, que du froid. On passe son temps à projeter tant de choses sur nos enfants...

397 chansons à prise rapide ?
Aujourd'hui "Il s'est passé quelque chose" de Juliette

Il s’est passé quelque chose

Le titre de cette chanson me rappelle une histoire familiale :

Nous habitions à l’époque un appartement pas trop grand et les dessus d’armoires étaient utilisés à des stockages divers, le plus hétéroclite étant surement celui de la chambre parentale.

Ce matin là, au moment de partir travailler, évidemment à la bourre comme d’habitude, je vois mes deux chats en train de chahuter sur la dite armoire. Je me dis que je n’ai pas le temps de chercher à les faire descendre et que je vais être bonne pour un bon rangement le soir et je pars.

Vers 13h30, coup de téléphone de mon fils (en 5ème à l’époque). Un peu d’inquiétude monte car les appels familiaux étaient strictement contingentés aux urgences absolues et c’était l’heure où il rentrait de l’école ce jour là .

S’engage alors un dialogue un peu surréaliste, que je n’ai pas oublié :

- « Qu’est ce qu’il se passe, Fils , »

- « Dis maman, c’est normal  autant de bazar dans ta chambre ? »

- »ben ce matin, les chats….(et je lui raconte les conditions de mon départ)

- Ah… OK ! et ils ont donc mis ta table de nuit sur ton lit ? »

Grande respiration de surprise, puis je réalise que quelqu’un est entré dans l’appartement et que ce devait donc être un cambriolage… Départ du bureau, constat, police….

Comme ceux de Brassens, c’était des voleurs de très bon goût puisqu’ils n’ont pris que les bijoux en or massif, pas les fantaisies ni même les 14 carats et un peu d’argent liquide,  soigneux puisqu’ils qu’ils n’ont cassé que la tirelire de Fille ainée et rien abimé, travailleurs puisque les huit appartements de notre entrée de l’immeuble ont été visités en moins d’une heure et demie….

Moins d’une heure après, le constat de police, l’appartement avait retrouvé son aspect normal, sans les souvenirs de famille hélas…

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Juliette : Il s’est passé quelque chose

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C'est mécanique…

Le capot relevé, les deux hommes avaient la tête dans le moteur, touchaient un truc ici ou là, l’air pas franchement convaincu…

«Elle roulait normalement, et là paf, plus rien…

- Il a dû se passer quelque chose !

- Ouais, c’est aussi ce que je pense, il a dû se passer quelque chose… »

Le jeune expliquait, le vieux, l’air dubitatif approuvait…

Ils doivent encore y être à l’heure qu’il est…


Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : Il s’est passé quelque chose.

(065/397)

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vendredi 4 avril 2014

Les garçons de mon quartier

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C’était une bande d’enfants accroupis sur le bord du trottoir, loin de l’image du jour. Des petits gosses en chemisette à carreaux. Mon frère dessinait à la craie le parcours, sur le goudron brûlé de soleil. Et nous passions les uns après les autres le permis de conduire nos vélos. François débarqua un matin et me tendit une bague trouvée dans une balle surprise à un franc. Il l’avait proposée à Patricia, trop petite. Est-ce que ça m’irait ? Les garçons se tiraient dessus à force de noyaux. Nos robes, tachées du jus de cerises.

 

Une lettre oubliée

Je n’ai jeté aucun des poulets[1] que j’ai reçus, depuis que je suis en âge d’en recevoir de sérieux. Ils sont rangés dans une boîte, à l’abri du temps et des regards. La dernière fois que j’ai ouvert cette boîte, comme un enfant examinant ses trésors, j’ai constaté que pour certaines de ces missives, j’étais dans la totale incapacité de… Lire Une lettre oubliée

Les garçons de mon quartier

Finalement, ces quartiers, cette vie faite de désespérance pour tout un groupe social, même si individuellement certains arrivent à espérer et avancer, je ne la connais  surtout à travers des écrits, des articles, des romans…

Je l’ai perçue aussi pour avoir du, lors d’entretiens d’embauche, en refuser certains, a contre cœur, non parce qu’ils avaient telle ou telle adresse mais que parce que l’entretien de recrutement montrait une telle méconnaissance des codes sociaux utilisés dans une vie professionnelle que le rejet, peut-être réciproque, aurait été immédiat. Et pourtant j’en ai fait de la discrimination positive, à compétences égales, recherchant la diversité qui est pour moi une source de richesse. Mais si l’entreprise peut (et doit) faire un effort, elle ne peut pas  faire tout le chemin, elle est un collectif qu’il faut aussi pouvoir intégrer.

Les études universitaires donnent un savoir mais  n’ enseigne pas ces codes à ces jeunes, tout comme la vie ne m’a pas appris leurs codes. Et c’est pourtant une des clés de l’intégration dans le monde professionnel.

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Juliette : Les garçons de mon quartier
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64/397 : Les garçons de mon quartier

C'est curieux, je n'arrive pas vraiment à me faire une idée de ce que pourrait être "les garçons de mon quartier", parce qu'il y a un comme un hiatus : je ne suis plus une gamine, ni même une jeune fille : du coup, les garçons, si c'est moi qui en parle, ce sera les enfants, ou les adolescents. Les garçons de mon âge sont des mecs ou des types ou des hommes, ou alors ceux que je connais bien et que j'appelle pour l'apéro si les filles sont déjà servies "Les garçons, vous voulez une bière ?".

397 chansons à prise rapide ?
Aujourd'hui "Les garçons de mon quartier" de Juliette

Une bande de galopins…

L’on faisait une drôle de bande avec les garçons de mon quartier, peu ou prou j’en étais le chef, pourtant je n’habitais pas la même rue.

Notre univers était de cavalcades à vélo, de cow-boy, d’Indiens, de brigands ou de policiers.

De pistolets faits avec deux doigts, de déguisement improvisé et de trous impromptus dans les pantalons…

Pas de filles dans notre clique, je ne vois d’ailleurs pas pourquoi, je me souviens bien d’une ou deux voisines, mais aucune ne gravitant autour de nous, de nos jeux, et qui auraient voulu faire partie du clan.

Et puis, il y avait ceux de la rue d’a côté qui de temps en temps venait nous faire la guerre ! Pourquoi ? Allez savoir !

Leurs seuls torts étaient certainement d’habiter au mauvais endroit ! Les gamins, parfois aiment à imiter les adultes…

Et puis, et puis le temps a passé, ils sont partis les gars de mon quartier, remplacé par des biens plus riches, des biens plus vieux…

Aujourd’hui je me demande bien ce qu’ils sont devenus les Fabrice, les Mathieu, les Thierry…


Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : Les garçons de mon quartier

(064/397)

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jeudi 3 avril 2014

La lettre oubliée

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Je rentre juste chez moi et apprends que Régine Deforges vient de périr. Une affaire de coeur. Pouvait-il en être autrement avec elle ?

Le premier livre que j’ai lu d’elle, c’était « Le cahier volé ». Une histoire d’amour de jeunes filles violée à coups de ragots, de méchanceté.

J’avais 14 ans alors. Cette lecture m’a sensibilisée à la médiocrité de l’avis général et a modelé mon dédain des convenances.

J’ai oublié une lettre un jour, elle a fait scandale. Et Régine n’est plus.

Image : ce ne sont pas les jours d’Angles chers à l’écrivain, mais une guipure d’été.

Une lettre oubliée

Des lettres oubliées et retrouvées qui m’ont touchée lors de mes promenades sur le Web :

  • Chez blogeraser, « Ce texte à été écrit par une vieille dame terminant sa vie en « gériatrie ».Les soignants ont retrouvé cette lettre sous son oreiller après son décès…« 
  • Sur le site « les Bourdillaux« , une lettre du 17 juillet 1940
  • Chez anecdotines, l’histoire de celle qui a retrouvé une lettre, deux générations plus tard ;
  • Sur le blog des indigènes du Royaume, une lettre oubliée à Rachid Mimouni, superbe texte ;
  • Sur Ecriplume, un clin d’oeil à une lettre administrative oubliée depuis depuis 220 ans ;
  • Sur Le jardin de Lotus, un superbe poème.

Et c’est aussi au Jardin de Lotus que j’ai emprunté cette image qui sera ma conclusion

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Juliette : Une lettre oubliée
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