lundi, 4 février 2013

4 février : castelliser

Or donc une fois que cette histoire de ménage sera réglée, il nous faudra trouver un cuisinier. Il y en a quelques uns qui s’agitent à la télévision et chercherons sans doute de l’ouvrage après, ça devrait se faire simplement.

Et puis un chauffeur. Même deux, un par voiture. Et une gouvernante, ou un majordome, ou les deux ?

Enfin, nous pourrons castelliser [1] dans notre riante cité du 9-2.

(Rêve-t-elle tout haut, dépitée de se trouver au bureau alors qu’on était pas si mal sous la couette).

Note

[1] mener la vie de château

Je suis au centre de mon monde

Et je pense pouvoir affirmer
haut et fort que
je castellise dans mes 25m².


Ma participation aux Obsolètes à prise rapide

dimanche, 3 février 2013

Aujourd’hui castelliser

(Mener la vie de château)

Se réveiller sans réveil, sans chat qui miaule ou vomi ou pétrit, voilà qui m’aurait suffit à castelliser aujourd’hui. Malheureusement Enki en a décidé autrement, me réveillant bien trop tôt pour un dimanche. De plus, étant roturière (c’est mon seul titre de noblesse, comme dirait Bénabar dans sa chanson Bruxelles), rien ne se fait tout seul. Ménage, cuisine, puis accueil de nos amis pour une agréable après-midi. Alors je castellise ce soir. Avant de rattaquer une semaine de travail, alors que mon chéri regarde le rugby, j’ai un gros moment toute seule avec ma couette et ma bouillotte, je suis bien dans mon royaume.

Je me lance dans les Obsolètes à prise rapide. Il s’agit d’écrire chaque jour un petit billet de moins de 100 mots, ayant un rapport avec un événement du jour et en lien avec le mot. Je ne sais pas si j’arriverai à tenir un an, je sais que je ne pourrais pas écrire chaque jour, car je ne vois pas comment je pourrais m’organiser facilement pour le faire, et que je n’ai pas envie que cela devienne une corvée. Je vais néanmoins essayer de le faire le plus souvent possible, car l’exercice me plait malgré tout, j’ai lorgné dessus toute l’année dernière, et le côté désuet de l’idée de Franck me fait sauter le pas. Ce sera donc pas forcément tous les jours, et pas forcément cent mots, si j’ai envie de vous raconter mes histoires, je ne voudrais pas être limitée. Alors, op, c’est parti !

Aujourd'hui vénusté

Pourrait-on dire que les débats qui se jouent actuellement dans l’hémicycle manque de vénusté[1] ? Que les merveilleux amendeurs de loi ne sont que de vils pisse-vinaigre dont les mots, dénués de toute élégance, nous ramènent au plus près des bactéries du fond de la cuvette ? Aucun doute là-dessus.

J’ai préféré aujourd’hui la vénusté de quelques notes de musique brillamment exécutées. Ne m’en veuillez pas de choisir ce qui me ravit le plus.


En savoir plus sur les Obsolètes à prise rapide.

Note

[1] Non point ce délabrement. Vous vous méprenez.

Aujourd'hui,vénusté...

Mi-réel, mi-fantasme, chaud souvenir mâtiné d’imagination, elle est d’une vénusté inégalée lorsqu’au petit matin, au seuil du réveil, elle vient me rendre visite moulée dans sa petite robe rouge qui lui sied à ravir, m’offrant derechef ses charmes doux et agréables ; pourquoi me faut-il alors vraiment rouvrir les yeux sur le monde réel ?

Robe rouge

(J’aime beaucoup cette image mais je n’en connais pas l’auteur qui en garde évidemment tout les droits)


(003/366)
Venez nous rejoindre, d’autres 366 obsolètes

3/365 Vénusté

Nue devant la glace

Corps académique bon pour César

Courbaturé ce matin

Impression d’être passée sous le hachoir

tchakatckakatckakatchakakakakakakaaaa

Plus de vénusté

Adolescence

Vétusté

Obsolescence

Corps académique bon pour le placard

Glacé devant la nue


Je vous explique même pas ce que je pense de vous

Ils étaient sept ou huit.
Ils rentraient d’une soirée.
J’allais travailler.
Je descendais l’escalier pour prendre le métro.
Il les monter pour je ne sais quelle raison.

Il refusa de me laisser de descendre.
Je lui rétorquais « qu’il était gentil qu’il pouvait me laisser descendre» .
Il refusa, je le laissais monter
non sans lui signifier que je ne lui expliquais
même pas ce que je pensais de lui.
En plus, il manquait de vénusté.

Petite violence ordinaire sur un ton très courtois.
Je ne suis pas toujours très sympa non plus.
J’aurais voulu savoir quel aurait été
son comportement face à un grand costaud.

Trois petites notes de musique

C’est enfin l’heure. Sur un signe de tête de l’organisatrice, j’interromps le léger bavardage qui résonne dans les coulisses d’un joyeux « Bereit![1] » avant d’ouvrir la porte côté cour et de m’avancer dans le labyrinthe de chaises, pupitres et arrêts de piques. « Viel Spaß![2] » me glisse la chef de pupitre en prenant place à mes côtés.

Instrument contre la poitrine et archet pointant vers le sol, je laisse mon regard errer sur le public. J’évite de faire trop attention aux auditeurs pour épargner mes nerfs… peine perdue, une tâche céladon m’attire l’œil : un ami vêtu d’un pull superbe dans ce coloris me fait coucou de la main.

Enfin, l’orchestre est sur scène. Les lumières sur la salle s’éteignent, et la chef fait son entrée suivie de la pianiste, toute vénusté dans une magnifique robe grise. Nous faisons semblant de nous accorder[3] ; la chef fait le silence, nous adresse un grand sourire et un « pa-paam-paam-paam » silencieux pour nous signifier le tempo, et lève sa baguette.

Les quarante-cinq minutes qui suivent passent en un clin d’œil. La pianiste est grandiose, les bois virtuoses, et les cordes au taquet comme jamais sur la dynamique. Quarante-trois instrumentistes qui respirent ensemble et attaquent la corde simultanément, c’est un mini-miracle dont je n’arrive pas à me lasser.

A l’entracte, quelques fesse-mathieu à l’approche encore tristement scolaire trouvent bien à s’indigner contre le premier violon solo qui nous a fait démarrer une mesure trop tôt après la lettre T dans le dernier mouvement, mais je préfère en taper cinq avec ceux qui arborent un grand sourire d’avoir fait de la musique aussi jolie.

Quatre heures, une symphonie, un psaume et un quelques bières plus tard, les paupières lourdes, je m’extrais à regret d’une conversation animée pour rentrer m’affaler dans mon lit.« Heeeeeey ! Tu pars déjà ? On se voit le vingt pour les coups d’archets ! » m’apostrophe le chef du pupitre des violoncelles dans un allemand à l’accent souabe épaissi verre par verre avant de me serrer dans ses bras.

Et comment !

Obsolètes à prise rapide, sur une idée de Franck, collectés ici par le même. Mots du 1er au 3 février : céladon, fesse-mathieu, vénusté.

Notes

[1] Prêts !

[2] Amuse-toi bien !

[3] L’orchestre s’accorde en coulisse. Ça prend environ dix minutes. Sur scène, on vérifie que l’accord a tenu, mais c’est vraiment pour la forme.

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