Raymond Queneau, né au Havre (Seine-Inférieure, aujourd’hui Seine-Maritime) le 21 février 1903 et mort à Paris le 25 octobre 1976, est un romancier, poète, dramaturge français, cofondateur du groupe littéraire Oulipo. L’Oulipo, qu’il a fondé avec son ami François Le Lionnais, compte également parmi ses membres un autre amoureux des rues parisiennes, Jacques Roubaud, qui en a fait un recueil poétique, « Jacques Roubaud, piéton de Paris » : échantillons de mémoire urbaine.
Le Paris que vous aimâtes
n’est pas celui que nous aimons
et nous nous dirigerons sans hâte
vers celui que nous oublieronsRaymond , « L’amphion », Les Ziaux
Le Paris où nous marchons
N’est pas celui où nous marchâmes
Et nous avançons sans flamme
Vers celui que nous laisseronsJacques , « Paris », La Forme d’une ville…
Et pourquoi ne pas demander à Jacques Roubaud, justement, s’il serait amusé à l’idée de préfacer le futur ouvrage ? Présomptueux certes, mais je rêve tout haut…
Paris qui a servi de décor et d’inspiration pour quelques œuvres de R. Queneau, comme « Exercices de style » où il raconte de 99 manières différentes une aventure dans un bus, ou bien encore dans le célèbre « Zazie dans le métro » d’où est tiré le non moins célèbre « Doukipudonktan ! ».
Debout, Gabriel médita puis prononça ces mots :
— L’être ou le néant, voilà le problème. Monter, descendre, aller, venir, tant fait l’homme qu’à la fin il disparaît. Un taxi l’emmène, un métro l’emporte, la tour n’y prend garde, ni le Panthéon. Paris n’est qu’un songe, Gabriel n’est qu’un rêve (charmant), Zazie le songe d’un rêve (ou d’un cauchemar) et toute cette histoire le songe d’un songe, le rêve d’un rêve, à peine plus qu’un délire tapé à la machine par un romancier idiot (oh! Pardon). Là-bas, plus loin — un peu plus loin — que la place de la République, les tombes s’entassent de Parisiens qui furent, qui montèrent, qui descendirent des escaliers, allèrent et vinrent dans les rues et tant firent qu’à la fin ils disparurent. Un forceps les amena, un corbillard les remporte et la tour se rouille et le Panthéon se fendille plus vite que les os des morts trop présents ne dissolvent dans l’humus de la ville tout imprégnée de soucis.Raymond , Zazie dans le métro
