Pointes

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Pointes

« Témoin silencieux du métier qui se montre au bout de mon caillou, je parcours et arpente, observant, guettant le trait de lumière qui m’indiquera la direction où faire le point… »

J’ai hésité pendant quelques temps sur le contenu des mots à écrire ici, et puis les sujets possibles étant trop variés, je crois que je vais me mettre à divaguer…

Retour de mer

J’ai sélectionné deux séries de photos dans mes archives — et d’ailleurs il me semble que quelques unes sont affichées ici-même — pour postuler à la session 2018 de l’exposition photo organisée par le Guilvinec chaque année.

Départ en mer

Je ne me fais pas trop d’illusion cependant, même si mes clichés sont potables, dirai-je, ils n’ont pas la qualité de ce que j’ai pu voir en déambulant dans les rues du Guilvinec les années passées.

Petit et gros

Il faut dire que ce sont essentiellement des photographes professionnels qui sont retenus, chacun avec un projet photographique bien défini — et du temps consacré à le mener à bien, sans compter les « facilités » qu’ils peuvent obtenir pour observer et capter ce qu’ils souhaitent —, et je ne fais pas partie de cette profession, moi l’amateur vaguement éclairé — avec l’œil pointu tout de même, il me faut être honnête ! — qui reste du côté du visiteur, du touriste…

Rangement

Mais plus encore que la sélection menée pour proposer deux séries d’une dizaine de photos chacune, je crois que c’est la biographie qui doit les accompagner qui me pose le plus de problème. J’ai déjà un peu de mal à présenter de façon cohérente les deux séries proposées, parce que je ne veux pas rentrer dans le grandiloquent trop facile, alors me présenter moi-même relève pour le moins de la gageure.

Attente

Et puis ces photos n’ont-elles pas été prises dix-mille fois par tous les autres qui comme moi on sorti leur appareil ou leur téléphone ? Je n’ai pas de plus-value à exposer ce qui est visible en temps réel en bas sur le quai de la débarque. Et puis je me dis que peut-être, finalement, l’œil du touriste retranscrit sur la photo est-il rassurant, montrant que chacun est à même de produire le même résultat et pourquoi pas d’être un jour mis en lumière ?

Fin de débarque

Alors comme je ne suis pas sûr de moi, et qui le serait à ma place, j’ai décidé de proposer une seconde série — après celle consacrée à la débarque —, un peu décalée de ce que j’ai pu voir depuis quelques années. La baie d’Audierne — et là encore certaines des photos retenues sont visibles ici, mais pas dans ce billet —, pendant que d’autres nous proposent une vision du bout du monde, ou en tout cas d’autres pays et contrées bien éloignés de la Bretagne.

À la débarque

Voilà comment j’oppose, bien malgré moi, une vision du touriste local à celles rapportées par tous ceux qui sont partis loin sur terre ou en mer.

Causerie

Et bien sûr rejaillit aussitôt mon fidèle syndrome de l’imposteur, tellement bien ancré dans ma carcasse qui abrite mon ciboulot qu’il en devient ma seconde nature. «Merci, mais je n’ai aucun mérite, j’ai surtout eu beaucoup de chance ! », répété à l’envi, évidemment.

Ar Vro Vigoudenn

J’avais, il y a quelques années, postulé pour un concours photo, qui donnait la possibilité d’être exposé — quelque part dans le sud de la France —, mais le résultat, ou plutôt l’absence de résultat m’avait convaincu que malgré la qualité de ce que j’avais montré, ce n’était pas suffisant pour être sélectionné.

J’avoue que je redoute un peu la même conclusion aujourd’hui et si je n’avais pas été gentiment « houspillé » par quelques copains, cet appel à candidature serait resté loin de mes préoccupations.

Roxy

Cela dit, plus je photographie — ce qui est paradoxal vu que je photographie moins depuis quelques temps — plus j’ai envie de capter l’humain ; mais c’est difficile de photographier l’humain. Le faire sans nuire à sa dignité ou son intimité, être seulement en situation de le capturer sur la pellicule ; je ne m’y trompe pas, mes photos préférées de ces dernières années sont celles où j’ai pu les mettre en vedette, en sujet principal, et si possible sans perturber — quasiment comme un voleur d’images.

Attrape

Il y a un endroit où capturer l’humain sur la pelloche est à ma portée, et je m’en régale à chaque fois que je m’y rends. Ce n’est ni à la mer, ni à la montagne — quoi que mes virées moto avec les copains me permettent de tirer quelques portraits sur le vif — mais au moment de la conférence Paris-Web.

Cette année, pour des raisons qui me désolent mais qui paradoxalement m’enchantent aussi, ils m’ont demandé d’assurer la photographie de l’événement, à moi l’amateur averti. Je vous assure que ça fait un bien fou à l’égo que d’être sollicité ainsi. Maintenant, à quelques jours d’y aller, le trac s’installe, parce que je n’ai jamais dirigé personne pour faire mes photos, préférant de loin prendre sur l’instant que de faire un portrait posé.

Pêche du jour

Bac à demoiselles

Poulperies

J’ai du coup refusé qu’on réserve une petite pièce pour tirer le portrait des orateurs car connaissant les lieux, je sais qu’il y a pas mal d’endroits propices à ce que je préfère faire : du vif, rien de posé, le plus naturel possible ; et je sais bien qu’il n’en sera rien, forcément. Alors j’ai choisi une astuce, en espérant qu’elle donne les résultats escomptés…

Chariot

Et puis j’ai aussi décidé de ne pas innover dans ma pratique, à tout le moins en ce qui concerne le matériel. Ça sera mon boîtier avec mon 85mm fétiche vissé dessus, et pas de flash — de toute façon je n’ai jamais été fichu de m’en servir correctement — et pas non plus de pied, etc. Je ne veux pas avoir à gérer mon matos en plus du reste, j’ai suffisamment de pression comme ça. La seule entorse sera probablement la présence d’un 17/40mm dans ma besace pour faire quelques photos d’ensemble.

À la criée

Cela dit, pour faire des photos d’ensemble, je me demande si mon simple smartphone — un iPhone 6+ — ne serait pas simplement suffisant pourvu que les conditions de lumière soient correctes (et de mémoire je crois qu’elles le sont là où se déroule cette conférence cette année). C’est à essayer en tout cas. Sinon je ferai comme j’ai l’habitude : zoomer avec les pieds !

Bravoure

Un peu bravache…

Danger

Un peu de mise en danger…

Port

Je verrai bien, et j’essaie de me rassurer en pensant qu’à chaque fois que j’ai fait des photos là-bas j’ai réussi à en montrer une série qui tenait la route. Je crois que ma plus grosse crainte serait que mon boîtier ou mon objectif me lâchent tout d’un coup.

Retour

Ça m’aurait plu, finalement, d’être photographe-reporter, idéalement en moto ; peut-être une idée pour la retraite ? C’est bien d’avoir des projets, même irréalistes.

Débarque

En y réfléchissant je crois que j’ai fait moins de photos cet été parce que je savais qu’il me fallait assurer pour Paris-Web, et j’ai le sentiment que la frustration que je me suis imposée peut m’être que bénéfique.

Nous l’appelons programme conscience , et nos outils de base sont des clones soigneusement sélectionnés - nos doubles . L’élément catalyseur est la frustration ; nous incluons donc dans la conception de notre système un certain nombre de de faux objectifs et de malfaçons . C’est pourquoi nous avons choisi Taux céti pour destination : il n’existe pas de planète habitable dans le système de Taux céti.

Frank Herbert, Destination vide

Surplus

Voilà en vrac ce qui m’anime ces derniers mois, question photo…

Bleu marin

Il faut que je me jette à l’eau !

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