dimanche, 12 mai 2013

Obsolètes - Aujourd’hui s’évaltonner

Aujourd’hui s’évaltonner (Prendre un ton dégagé, s’émanciper)

C'est avec la conscience évaltonnée que j'écris ce billet. Quoi de plus évaltonné finalement que de se défaire de la contrainte dans le cadre d'un exercice dont le but est la contrainte ? S'évaltonner est le mot d'hier. J'ai une excuse bien sûr, une excuse de taille. J'étais en vadrouille. En vadrouille de coeur, en vadrouille de mots, en vadrouille de sens (les cinq). J'ai senti battre mon sang au son de la basse, vibrer mes cils au poids de mes larmes, grandir mon coeur au son des mots et du partage. Émancipée, j'ai laissé derrière moi les rôles, les devoirs, pour me retrouver. Quel bien fou !

Aujourd'hui safre

(Qui se jette avidement sur la nourriture)

Fera-t-on les safres tout à l’heure ? Je pense que je le serai. Nous avons bien mangé hier, un dîner improvisé à base de hamburger maison et de frites à la graisse de canard, du coup je ne mange rien maintenant parce que je n’ai pas faim, mais aussi pour avoir de l’appétit au brunch. Et ce ne sera pas seulement de l’appétit, mais sûrement de la gloutonnerie ! 

je ne le suis pas

Si je m’en tiens à la définition du dictionnaire pour le mot du jour, je dirai qu’il a drôlement évolué au cours des siècles :

Oxyde de cobalt qui, mêlé à du sable pulvérisé, sert à faire du verre bleu.

Du verre bleu, c’est drôlement joli comme couleur, enfin pas trop foncé non plus, je vois plutôt un joli bleu lumineux.

Oui mais voilà la définition du mot du jour serai du genre:

glouton, goulu, goinfre, gourmand, vorace,  insatiable, avide,

Pas joli, joli.

J’aime préparée, mitonnée, servir mais manger qu’elle perte de temps.
Je n’aime pas les assiettes pleines à ras bord et j’ai du mal à manger si je me retrouve face à une personne qui s’empiffre, qui mâche la bouche ouverte et j’en passe et des meilleurs.

Tien je sais enfin pourquoi je n’aime pas les mastiqueurs de chewing-gum.

Je ne serai jamais safre*, et je ne m’en porte pas plus mal.

  • safre (Qui se jette avidement sur la nourriture)

12/05 : safre

Alors que les jeunes pousses de radis, de petits-pois, d’échalotes sortent de terre, des limaces de toutes tailles et couleurs variées, de vraies safres, s'en goinfrent, s'en bâfrent et s’en empiffrent. Même certaines fleurs, à présent éteintes, ont eu droit à leurs assauts.

Nous avons essayé la méthode "planche" (elles s'accrochent sur la face cachée qu'on retourne pour les occire), la méthode "bière" (récipient sous une pierre plate, rempli au tiers. Ça les attire et elles s'y noient). Seule la méthode "chimique" (granulés) est vraiment efficace.

Sinon, safre c'est aussi ça :

#0031B4

(source)

Aujourd'hui safre

Serons-nous safres ce midi ? Peut-être, nous verrons bien…

L’occasion et manière comment Gargamelle enfanta fut telle. Et si ne le croyez, le fondement vous échappe ! Le fondement lui échappait une après-diner, le IIIe jour de févier, par trop avoir mangé de gaudebillaux. Gaudebillaux : sont grasses tripes de coiraux. Coiraux : sont beufs engraissés à la crèche et prés guimaulx. Près guimaulx : sont qui portent herbe deux fois l’an. D’iceulx gras beufs auoient fait tuer trois cens soixante sept mille et quatorze, pour être à mardi gras sallés : affin qu’en la prime vere ilz euſſent beuf de ſaiſon à tas pour, au commencement des repaſtz, faire commemorations de ſaleures et mieulx entrer en vin.

Les tripes furent copieuſes, comme entendez : & tant friandes eſtoient que chaſcun en leichoit ſes doigtz. Mais la grande diablerie à quatre perſonnaiges eſtoit bien en ce que poſſible n’eſtoit longuement les reſeruer, car elles feuſſent pourries. Ce que ſembloit indecent. Dont fut conclud qu’ils les bauffreroient ſans rien y perdre. A ce faire conuierent tous les citadins de Sainnais, de Suillé, de la Roche Clermaud, de Vaugaudray, sans laisser arrieres le Coudray Montpensier, le Gué de Vede et aultres voisins, tous bons beveurs, bons compaignons, et beaulx joueurs de quille là.

Le bon homme Grandgousier y prenoit plaisir bien grand et commendoit que tout allast par escuelles. Disoit toutesfoys à sa femme qu’elle en mangeast le moins, veu qu’elle aprochoit de son terme et que ceste tripaille n’estoit viande moult louable : « Celluy (disoit il) a grande envie de mascher merde, qui d’icelle le sac mangeue. » Non obstant ces remonstrances, elle en mangea seze muiz, deux bussars et six tupins. O belle matiere fecale que doivoit boursouffler en elle !

Après disner, tous allerent pelle melle à la Saulsaie, et là, sus l’herbe drue, dancerent au son des joyeux flageolletz et doulces cornemuzes tant baudement que c’estoit passetemps celeste les veoir ainsi soy rigouller.

François Rabelais, Gargantua

samedi, 11 mai 2013

Aujourd'hui s'envaltonner

(Prendre un ton dégagé, s’émanciper)

Je m’envaltonne ? Mais de quoi ? Ai-je envaltonner quelqu’un ou quelque propos. Ce mot sonne faux à mes oreilles, j’essaye de le substantiver, mais je n’y arrive pas. Pourtant, je crois avoir envaltonné quand j’ai dit, j’espère sans la vexer, à mon médecin quand elle s’est excusée du cafouillage dans sa prise de rendez-vous, que j’ai l’habitude, je ne m’attendais pas à passer à l’heure.

Une douleur à la tête m’avait amenée à la voir. S’en est suivie une première prise de sang avec des résultats pas très jojo. Une deuxième prise de sang plus précise et une échographie plus tard montre que je suis un peu beaucoup carencée et que ce serait pas mal si j’arrêtais le thé.

Je promet de diminuer de moitié les quantités bues, m’enfin, j’ai toujours été anémique d’aussi loin que je me souvienne… Ne serais-je tout simplement pas dans le début de la courbe de gauss ? Dois-je vraiment me soucier de cela ? Je préfère m’en envaltonner.

Simple...

Écrire tous les jours pour les obsolètes ? Facile, simple, pas vraiment un problème !

Quoi ? Comment cela, je m’évaltonne [1]  ? Meuh non pas du tout voyons…

Bon ben excusez-moi, mais là il est tard et faut encore que je trouve une idée !

(100/366)

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Notes :

[1] Évaltonner : Prendre un ton dégagé, s’émanciper.

Aujourd'hui s’évaltonner

Il ne s’est pas évaltonné hier soir l’ami, au contraire, discours solide, posé, appuyé d’ailleurs par quelques autres invités présents, malgré quelques tentatives infructueuses de son interlocuteur de le mettre en défaut. Comme quoi, une tête bien faite vaut tous les papiers dorés du monde.

Alain Korkos dans l'émission de Frédéric Taddéi, Ce soir ou jamais sur France 2

C’est à partir d’1h30 sur la vidéo de l’émission de Frédéric Taddéi, « Ce soir ou jamais » diffusée en direct hier soir sur France 2.

Frédéric Taddéï débat de l’exposition « De l’Allemagne » au Louvre, l’exposition qui fait polémique, avec :

Alain Korkos, Illustrateur et dessinateur
Philippe Dagen, Historien et critique d’art

PS : Ce billet n’est pas sponsorisé et est très partisan.

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