mercredi, 27 février 2013

Aujourd'hui conchier

Alors voyons :

Monsieur, je vous conchie…

Non. Trop direct.

Monsieur, c’est avec une profonde tristesse que je me dois de vous annoncer que je vous conchie…

Hum, un peu trop ampoulé je pense. Reprenons.

Monsieur, c’est avec une particulière attention que j’ai lu vos récriminations et vos exigences à propos de notre application…

Voilà, je sens que je tiens le truc…

… et de notre manque de réponses efficaces et définitives à votre problème. Sachez, Monsieur, que nous vous conchions et que par conséquent, et vous le comprendrez fort aisément j’en suis assuré, nous n’avons d’autres temps disponibles à consacrer. Conchier demande une concentration complète et n’autorise pas la moindre distraction.

Nous sommes donc au regret de vous demander de changer d’application afin que nous puissions reprendre une activité normale, cela n’a que trop duré à ce jour. Votre jugement à notre égard n’a d’égal que votre suffisance à l’égard de vos semblables et n’a de place qu’ailleurs.

La direction

PS : Toute ressemblance avec un événement présent n’est pas vraiment fortuit ni du au hasard.

Qualification sans motivation

Des mois, des années que j’y travaille. La thèse, les articles, le long chemin vers un poste de maître de conférence. Hier sans prévenir, avec deux semaines de latence, la nouvelles tombe, laconique : qualifié. Pas d’explication, pas de motivation, simple et binaire, oui ou non. Un petit pas de plus vers la concrétisation.

Qualifié, mais cette année, pas de candidature pour moi. Qualifié sans motivation. L’acédie grandit.

366 obsolètes à prise rapide

La colère montée (recette amère)

Une tache est venue conchier[1] le joli tableau de famille recomposée dont nous nous réjouissions il y a encore quelques jours.

Une tache en forme de violence surgie au milieu de nous, choquante, agressante, incompréhensible pour trois d’entre nous.

Nous avons appris lundi d’une Cro-Mignonne un peu bouleversée que le Lutin Facétieux, une fois à l’école, lui distribuait, à l’occasion, quelques coups sans raison. Du genre à surgir du fond de la cour, latter, repartir.

Blessure de l’une qui n’ose pas dire en espérant que ça s’arrange, parce qu’elle l’aime, quand même.

Incompréhension de nous, qui ne prônons ni ne donnons exemple de violence comme mode de fonctionnement autorisé.

Confronté à ces accusations, il confirme, sans pouvoir expliquer autrement que par : “je ne pouvais pas m’en empêcher”. Alors quoi ? Quelle souffrance de plus vient nourrir son petit monstre intérieur, celui que nous tentons tous de domestiquer pour vivre en société, et qui le rend incontrôlable ?

Douleurs écolières ? Erreurs chez nous ? Soucis de plus avec sa mère ?

Et là, ce moment, sans doute l’un des plus compliqués de ma vie de mère et belle-mère. Protéger ma fille sans sombrer dans ma propre colère, dans ma rage qu’on lui ait touché un cheveu de tête comme ça, gratuitement.

Sanctionner sans brîmer.

Rappeler à la loi.

Monter un plan d’action. Favoriser le renforcement positif de la bonne conduite mais ne pas fermer les yeux sur le non excusable. Et surtout, surtout, ne rien faire de ça sans chercher la cause, gratter jusqu’à ce que qu’on trouve quoi et comment l’aider, en dépit de tout, de ma colère, de la confiance qu’il a perdue, de sa mère qui n’aide pas.

Ne pas sombrer moi-même complètement dans la violence de la colère, trouver moyen de la transformer à usage constructif. Tenter d’être juste.

Et hurler à la mort dès que je trouve un coin juste à moi, seule et loin du monde.

Note

[1] Souiller, salir

Conchier

J’ai lu ce mot pour la première fois
sur le site de Michel Onfray.

Il m’avait marqué,
j’en avais cherché le sens.


Ma participation aux Obsolètes à prise rapide

27/02 : conchier

Que voilà un mot détestable, aux odeurs nauséabondes… Il me rappelle ce que me disait parfois mon père quand j’étais ado : “tu es un vrai bâton merdeux, quelque soit le bout par où te prendre, on s’en met plein les mains”. Je ne me rappelle plus des circonstances qui justifiaient cette sympathique appréciation.

Que voilà un terme à proscrire dans ce lieu plutôt propre sur lui… Pourtant me vient un jeu de mots sur les deux syllabes qui le composent, évoquant une improbabilité physiologique. Hélas la ligne éditoriale du blog m’interdit de vous le proposer.

Aujourd'hui conchier…

« Mesdames et Messieurs, je ne suis pas un voleur, je ne suis pas un assisté, je suis juste un intermittent du spectacle qui essaye de vivre de son travail… »


J’en ai marre, comme nombre de mes collègues, d’être conchié* à longueur de journée par de mauvais journaliste en mal de lieux communs (voir “Aujourd’hui en France” ou encore l’émission « c’est dans l’air », et d’autre…), qui ne connaissent pas le problème de l’intermittence et ce contente de relayer des phrases chocs, mais mensongère, proféré par quelques politicards en mal de reconnaissance…

Il est plus facile de colporter des « on-dit » dévastateurs et de jeter l’opprobre sur une catégorie de la population, que de s’arracher le doigt du cul et de faire un véritable travail journalistique.

Malheureusement la pédagogie et l’explication sont souvent moins efficaces et percutantes qu’une phrase choc salissante.

Voici quelques — malheureusement — longues vidéos sur le sujet. Je ne prétends pas qu’elles sont la vérité seule et absolue, mais un autre point de vue sur ce sujet délicat pour ceux qui auront le courage de les regarder jusqu’au bout.

Et en plus j’ai dépassé les 100 mots…

*Conchier : Souiller, salir

(027/366)

Venez nous rejoindre, d’autres 366 obsolètes



Réaction de la ministre de la culture à la une “D’aujourd’hui en France”:



Réponse au reportage de “C dans l’air”



Explication du mensonge sur les “1 Milliard”



Audition intégrale de Mathieu Grégoire, maitre de conférences à l’Université de Picardie (CURAPP), à l’Assemblée Nationale par la mission d’information sur l’emploi dans les métiers artistiques le 20 décembre 2012




mardi, 26 février 2013

26 Acédie

L’acédie souvent me prend quand la télé est allumée, quand on parle de politique ou d’économie.

Alors manger des choses sans goût pour relever le niveau.

Inutile.

Lire Henry Miller (qui n’est pas un pornographe)

La panacée.

(Acédie : Apathie, absence de désir, affaissement de la volonté)


Acédie

Il m’arrive de plonger de temps à autre dans l’acédie, comme cela sans vraie raison.
Je me lève un matin comme un autre et je sens bien qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond.
J’ai pas envie que l’on me parle, je fuis l’humain et dans ma tête la ronde des maux tournent comme une vieille musique mille fois entendu.

Pour bien me connaitre, je sais que cela va passer, que mes larmes ne sont que passagères et que ce sentiment du vilain petit canard ne va pas durer.
J’ai assez bien cerné ce que je suis et mon mode de fonctionnement, je perçois ce que j’appelle la crise, j’arrive à la comprendre et à la gérer.

Mais ce qui me turlupine c’est que je n’arrive pas à mettre le doigt sur le déclencheur.
Ce qui me rassure est que je suis une optimiste, une vraie, une pure et cela me sauve bien souvent du néant dans lequel je m’enfonce.

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