Hublot


Pointillés

Lumières artificielles, qui bousculent partialement le naturel chromatique ; chaises rouges, chaises et tables blanches, les premières déteignent sur les secondes.

Derrière la vitre, au chaud, je découvre cette vue façon entresol, qui donne un point de vue inédit sur le paysage.

Hublot

Puis, de retour en bas, je suis attiré par l’eau qui bouge, derrière le hublot, derrière les hublots, tropisme irrépressible que j’ai cessé depuis des années de vouloir expliquer.

On m’a souvent affublé du titre de photographe de bateau ; mais en fait c’est l’eau qui m’attire, liquide, parfois un peu plus solide, mais l’eau, quoi qu’il en soit ; et d’ailleurs mon humeur est proportionnelle à ma distance à l’eau — conserver cette micro-piscine sur la terrasse, souvent gelée ces derniers temps, doit surement jouer un petit rôle, si loin de l’océan.

Péniche

Naviguer ne serait pas pour me déplaire, évidemment, mais en fait, l’idée suffit, comme celle de savoir qu’un de mes aïeuls en avait fait son métier, le long-cours, celui qui a des reflets d’aventures dans des contrées lointaines et exotiques ; on a les rêves qu’on peut, parce que si ça se trouve, de long-cours, il n’en avait peut-être goûté que le cabotage, allez savoir.

Mais peut importe, c’est raccord avec mes lectures d’enfant, Vernes, Hergé, Stevenson, Twain, et tant d’autres…

Inside

Inspecter, fouiller l’intérieur, rentrer dans le cœur, explorer ces matériaux bruts peints et repeints années après années ; c’est solide un bateau, surtout ceux en métal. Ils me semblent plus solides encore qu’une maison ou un immeuble ; Introspection dans les arcanes de mes songes du présent, souvent influencés par mes lectures. « Autremonde » en ce moment, de Tad Williams, qui comme « Cloud Atlas » — film qu’on a revu hier — met en scène des vies parallèles dont on comprendra enfin la, les connexions.

Focus

Se lever le matin de cet hiver, descendre se faire chauffer un café, patienter et regarder les hublots chez les gens en patientant ; j’aime cette atmosphère tranquille chez ce couple de (probables) retraités, en face de chez nous.

Ils ont un rituel le matin, avec le petit-déjeuner pris autour de cette table ronde ; point central de la maison. Puis chacun va vaquer à ses occupations, livres, ordinateur — celui dont l’écran de veille reste allumé toute la nuit et que j’observe quand je me lève plus tôt que d’habitude, à l’étage supérieur, seule lueur nocturne pour ponctuer les ombres de nos nuits.

J’imagine ma retraite bien remplie, pour peu que le reste (corps et tête) suive ! On verra bien…

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