jeudi 1 mai 2014

Ma France

Depuis quelques semaines je passe mon temps à imaginer les balades que je vais pouvoir faire en France, vu le nombre de coins différents et tout aussi sympas à découvrir, surtout quand il y a un ou plusieurs copains à l’arrivée !

J’ai déjà en tête un petit tour dans les Alpes (à faire en été, pourquoi pas en août au moment de l’Assomption), un autre tout au Sud mais cette fois-ci plutôt en dehors des périodes estivales. J’irais bien faire le tour de la Corse.

Quand à aujourd’hui, je voulais bouger un peu, mais annonce de grêle oblige, je crois que je vais rester à la maison. Pourtant j’aurais bien fait un petit tour dans le Vexin, bien que le château de Pierrefonds soit fermé aujourd’hui, ou bien pourquoi pas aller déjeuner à Lille, comme ça !

Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…

Mon pays, celui dans lequel je suis né et que j’aime bien, n’est certainement pas celui mauvais, raciste, renfermé, passéiste que les caricatures actuelles nous dépeignent à longueur de journée, comme si politique et journaux se donnaient le mot pour nous confiner dans une déprime inextinguible.

Je ne dis pas que toutes ces choses n’existent pas, je pense simplement qu’en faire une généralité nationale m’agace au plus haut point ! Car là est le mensonge !

J’ai rencontré dans ma vie, plus de gens bien que de mécréant à éviter…

L’autre jour, au cinéma j’ai vu une belle publicité véhiculant du positif comme un contrepoint de cet état d’esprit que l’on veut nous imposer ; malheureusement je déchantais quand j’ai découvert le nom de la société commanditaire : TF1 est juste, à mes yeux, un des principaux pourvoyeurs de cette sinistrose ambiante !



Ce mois-çi : Jean Ferrat ; la chanson du jour : Ma France. (091/397)

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Ma France

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Ma grand-mère, qui avait fêté ses 32 ans à la Libération, m’appelait « ma France ».

Ça ne s’oublie pas.

Jean Ferrat…

De Juliette à Jean Ferrat, c’est ce qu’on appelle changer radicalement d’univers poétique.

S’il est de bon ton d’encenser ce grand artiste, obligation m’est d’avouer que je le connais peu. Quelques chansons phares que j’ai lâchement massacrées à la guitare lors de mémorables feux de camp, et puis voilà. Je connais presque mieux son engagement politique…

Ce mois sera une occasion de (re)-découvrir ce chantre d’Aragon, qui, l’air de rien, fait partie du patrimoine de la chanson française.

Ce mois-çi : jean Ferrat 

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mercredi 30 avril 2014

Lapins !

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Ils sont jaunes, ils sont bourrés de crin, c’est dire s’ils sont vieux. L’un a grandi avec moi, c’est Pinpin. Il est maigrichon, recousu, usé à la corde mais il sent très bon. L’autre je l’ai trouvé dans un vieux cinéma réquisitionné par Emmaüs. Il a les rondeurs du lapin de mes 3 ans. Il est tellement pareil à celui des origines, j’en fus éberluée en faisant sa connaissance.

J’ai la chance d’avoir une peluche telle qu’elle m’a été offerte, un jour d’août en Suisse allemande en 72 ; et une autre qui a vieilli contre mon coeur, m’a suivie partout (ou presque) jusqu’à maintenant.

Etourdissant duo.

Le coup du lapin…

Le coup du lapin

Hello ma Poulette, cela te dirait de chercher mes œufs de Pâques ?

— Tout doux, mon petit lapin, tu me prends pour une cloche ?

— Non, mais, je crois aux miracles Pascale…

— Ouais ben là, tu vas finir chocolat, on ne me croque pas comme cela ! Et puis d’abord je m’appelle Géraldine…


Ce mois-çi : Juliette ; la chanson du jour : Lapins !

(090/397)

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mardi 29 avril 2014

89/397 : Le rosier jaune

Je ne serais pas contre un rosier sur notre future terrasse, jaune éventuellement, du moment qu'il embaume. J'aime beaucoup la délicatesse des roses-thé (en tous cas l'image que je m'en fais, parce qu'en fait, je ne saurais absolument pas vous définir ce qu'est une rose-thé).

Mais bon, l'aménagement de cette fameuse terrasse ne vient qu'après tout un tas d'autres questions plus ennuyeuses, plus urgentes, concernant ce déménagement : comment on actualise une assurance habitation, que faire du chat le jour du déménagement (qu'est-ce qui le stressera le moins), ce genre de choses.

Il y avait une angoisse diffuse qui me faisait m'affoler comme une mouche sous un verre, depuis que j'ai réussi à l'identifier, ça va beaucoup mieux : j'avais cette crainte, un brin irrationnelle, de me perdre moi dans le déménagement. De m'oublier ; ou plutôt, d'oublier tout ce que j'étais en train de faire, comme si le fait de s'installer dans un nouvel appartement occasionnait un petit lavage de cerveau au passage. Comme si ma mémoire était dans ces murs... Une version à plus grande échelle de l'amnésie qui vous frappe quand vous arrivez dans une pièce et que vous ne vous rappelez plus ce que vous êtes venus y faire.

Du coup, j'ai compris le sentiment d'urgence à vouloir tout boucler avant la semaine prochaine, j'ai compris les listes commencées un peu partout fiévreusement, j'ai compris le kilo d'anxiété qui pesait sur ma poitrine ces derniers jours.

Du calme. Tout va bien, je reste moi. À penser à la plupart des trucs, à en oublier quelques autres. Je ne suis pas ma paperasse, je ne suis pas mes objets (mais quand même, j'aimerais mieux récupérer internet le plus vite possible...)

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Aujourd'hui "Le rosier jaune" de Juliette

Le rosier jaune

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J’ai lu que Franck n’aimait pas le jaune. Quel réquisitoire ! Il faut bien contrebalancer.

J’adore le jaune. Le mot lui-même me plaît. Il fait une jolie bouche ce mot.

Toutes les variations de jaune m’enchantent. Si je ne porte pas la couleur sur moi, elle reste pourtant ma préférence. C’est ma couleur primale : celle de mon jouet d’enfant, de ma chambre. La couleur de la lumière vibrante. Le refus de la mort.

Au moment où j’ai rencontré celui qui me regarde avec un égal intérêt, j’avais juste acheté une rose jaune pour ma meilleure amie.

Un rosier jaune ourlé de rose grimpait aux fenêtres  chez mes parents alors, les fleurs épanouies offraient des étamines d’un vert safrané.

Il y a eu un soir à L’Assassin l’invitation à lire Les trois roses jaunes de Carver. S’il m’avait demandé de lire Tartarin de Tarascon, je ne me serais sans doute pas laissé attendrir par le curieux masque, le paradoxal masque de gaieté qu’il affichait en public.

Des remontrances parce qu’un ange passe…

D’abord une petite revue de détail : j’avais à peu près tenu le jeu depuis début février et las, pratiquement deux semaines de silence. Non, je ne me lasse pas mais je constate que certaines périodes de travail, celles où « j’entre en écriture » sont incompatibles avec d’autres écritures, plus ludiques. Je pensais que cela me détendrait, en fait je suis incapable de penser à autre chose…

Je me suis adressée des remontrances, il y a eu un sursaut « en pointillé » parce que j’avais ce texte dans un coin de ma mémoire, mais l’ange du silence passe et repasse…

Ni le rosier jaune, ni les autres colorés et/ou odorants du jardin n’arrivent à me distraire.

Je risque donc de continuer à vous poser par périodes des lapins. Tant pis, ce n’est pas une raison pour abandonner….

Avec une petite pensée pour Tomek, nos galères, si elles ne sont pas les mêmes,  sont partagées….

 

Juliette :
  • Revue de détail
  • Remontrances
  • Un ange passe
  • Le rosier jaune
  • Lapins !
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Le rosier jaune

Je n’aime pas les rosiers jaunes ni la cervelle quand bien même elle serait superbement cuisinée et présentée, je sais, ça n’a aucun rapport mais c’est un zeugma — enfin presque, mais on ne va pas chipoter alors que je chipoterai à l’infini la cervelle qui refroidirait dans mon assiette. D’ailleurs, j’ai le souvenir encore vivace de ce premier repas à l’arrivée dans cette colonie de vacances chez les curés où j’ai failli vomir trois fois la seule fourchettée de cervelle qu’on m’avait forcé à avaler !

Ma couleur préférée est le bleu et le jaune vient tout gâcher pour en faire du vert qu’il est si difficile de photographier. C’est sournois le jaune, c’est hypocrite, comme ces couloirs lugubres des hôpitaux. On voudrait nous faire croire à la gaité et à la lumière de l’endroit alors que nenni, justement.

En convalescence, on me l’avait apportée la médaille, à l’hôpital même. Et le même jour, je m’en fus au théâtre, la montrer aux civils pendant les entractes. Grand effet. C’était les premières médailles qu’on voyait dans Paris. Une affaire!

Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline, Voyage au bout de la nuit

Voyez comme c’est hypocrite un hôpital, on en profite que vous êtes immobilisé sans pouvoir vous échapper pour venir vous décorer !

Et puis le jaune c’est salissant. La moindre tache se voit comme le nez au milieu de la figure. Mais effet pervers, le jaune est plutôt idéal pour écrire dessus, avec des couleurs sombres, genre bleu ou noir, comme les post-it™. Mais dites-moi, on ne peut écrire sur une rose jaune ; vous voyez bien que ça ne sert à rien une rose jaune.

Alors qu’une rose bleue, ou encore rose abricot, ou encore rouge du plus beau carmin ou d’un profond grenat, tout de suite ça a de la gueule, ça vous pose là !

Je vous ai déjà dit ? Je n’aime pas les rosiers jaunes !

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