samedi, 16 février 2013

16 février : syrtes

Au bureau, chercher à savoir qui fait quoi et pourquoi ce qui n’a pas fait le quoi, c’est comme naviguer sur des syrtes[1].

Je n’arrive pas à me défaire complètement de l’idée que c’est normal de faire ce pour quoi on est payé et que ce qui ne l’est pas, c’est de devoir passer derrière les gens pour constater qu’ils ne partagent pas cette vision et, partant, mettent dans le brun plusieurs autres personnes, les empêchant ainsi de faire correctement leur quotidienne besogne.

Mais le réseau politique interne fait parfois qu’il est mal venu de constater que d’aucuns sont là pour la déco. C’est comme ça plus ou moins partout, j’imagine.

Soupir. C’est bon, le week-end.

Note

[1] Sables mouvants, très dangereux pour les navires

Cher Mon Urssaf

Madame, Monsieur, Virago,

je demande la remise des frais de retard de 21 € sur ma déclaration d’autoentreprise pour la période du 4ème trimestre 2012. Il s’agissait de ma première déclaration, et je me suis enlisé dans les syrtes de l’interface de déclaration en ligne.

J’avais en effet effectué ma déclaration en temps et en heure, sans chamboler, mais je n’avais pas pris garde au fait que le formulaire imposait de recopier le montant à payer (par ailleurs automatiquement calculé et affiché) dans la case « Télérèglement » tout en bas du formulaire en ligne. Je pensais, bégaudement j’en conviens, être en règle du fait d’avoir déclaré mes revenus, donné une autorisation de prélèvement à ma banque, et reçu une confirmation me disant que la déclaration était bien enregistrée. Je n’avais pas pensé qu’il eût fallu de surcroît vous dire explicitement combien ponctionner sur mon compte, étant donné que vous aviez parfaitement calculé ce montant vous-même.

Cette situation est à présent corrigée, par une nouvelle déclaration ci-jointe que je viens d’effectuer (avant, donc, la date limite du 15 février midi).

Que vous accédiez ou non à ma demande, je me permets humblement de suggérer un ravaudage du formulaire de déclaration (quoique je doute, n’étant pas forfante, être le premier à proposer cette amélioration). Lorsque le montant du champ « Télérèglement » est à zéro, ou plus généralement diffère du montant dû, le site pourrait afficher un message d’avertissement avant de valider l’enregistrement. Voire par défaut, soyons fous, remplir automatiquement la valeur de la case « Télérèglement » avec le montant dû. Ceci éviterait sans doute un certain nombre de « frais de retard » chaque trimestre.

Merci d’avance pour l’attention que vous accorderez à ma quinte immarcescible.
Bien cordialement,
Magnitudo Parvi

366 obsolètes à prise rapide

Aujourd’hui syrtes

jac

Démons et merveilles

Vents et marées

Au loin déjà la mer s’est retirée

Et toi

Comme une algue doucement caressée par le vent

Dans les sables du lit tu remues en rêvant

Démons et merveilles

Vents et marées

Au loin déjà la mer s’est retirée

Mais dans tes yeux entrouverts

Deux petites vagues sont restées

Démons et merveilles

Vents et marées

Deux petites vagues pour me noyer.

jacques Prévert.

( Syrtes Sables mouvants, très dangereux pour les navires)

Aujourd'hui syrtes

Les syrtes, comment voulez-vous que je cause de syrtes alors que j’avais envie de vous montrer la nouvelle police de caractères que je me suis fait faire à moi-même personnellement avec mon écriture, hein ? Comment ?

Police perso

Bon j’avoue que se complaire égocentriquement avec sa propre production est un peu équivalent à mettre les deux pieds dans les sables mouvants, mais que voulez-vous, l’esprit est faible. Allez, je replonge, mon bain de boue n’a pas fini de sécher…

Tiens, c’est étrange, pour une fois, je respecte la contrainte des 100 mots (à ±10% près) !

16/02 : syrtes

Souvent les sables mouvants,
y compris sous-marins,
recèlent des dangers cachés
terriblement mortels,
effrayants, claustrophobiques
sournois et silencieux.

Aujourd'hui syrthes

(Sables mouvants, très dangereux pour les navires)

Oh ! un mot que je connais ! Le premier depuis le début, j’espère qu’il y en aura d’autres.

Comme la citadine que je suis ne trouvera pas de sables mouvants dans sa journée du 16 février prochain, je me permet de faire ce billet à l’avance pour vous raconter quelque chose de mon adolescence.

En 1998, je passais le bac de français, et je choisissais pour l’épreuve écrite le commentaire composé. Je m’en souviens parfaitement, et je vais vous expliquer pourquoi.

En première, j’ai eu la chance d’avoir une professeure de français vraiment exceptionnelle. Je pense que c’était d’ailleurs le meilleur prof de toutes mes années lycée. Madame T. était une grande femme blonde, un peu extravagante, qui corrigeait ses copies à l’encre violette. Elle a quand même réussi l’exploit à me faire aimer Phèdre de Racine. Très humaine, très à l’écoute de ce que nous étions, bref, alors que le français n’avait jamais été ma tasse de thé, j’en arrivais à apprécier ce qu’elle nous enseignait. Au programme, Les livres I à IV des confessions de Rousseau (ça par contre, cela a été imbuvable pour moi), Electre de Giraudoux et une vingtaine de textes à proposer à l’oral du bac. Parmi ces textes, un extrait du Rivage des Syrthes de Julien Gracq. On l’a étudié en classe. Longuement. Elle l’a repris systématiquement pour décortiquer et réviser l’oral. Nous l’avions vu et revu en cours ; c’était le texte que je connaissais le mieux, avec l’étude de l’œuvre de Giraudoux, je connaissais mes cours par cœur sans trop d’effort.

Arrive juin, et nous voici, dans la salle d’examen. Je vais directement à la fin du sujet, car je misais tout sur Electre en dissertation. Et merde, c’est Rousseau. J’étais très déçue, et je commence donc à lire le sujet en entier. L’argumentaire, je n’aimais pas ça, car j’étais experte en hors sujets. Voyons le commentaire composé. Les bras m’en tombent, c’est inespéré. Je regarde Sylvia avec des yeux énormes, c’est pas possible. C’est un texte que je connais quasi sur le bouts des doigts, c’est le Rivage des Syrthes de Gracq ! J’ai écrit ma copie d’un trait, quasiment sans faire de brouillon. Résultats, un 16/20.

Depuis, je suis persuadée qu’elle savait ce qui allait tomber au bac et qu’elle a essayé de nous aider. J’aurais adoré savoir si c’était vraiment le cas ou non. Dans tous les cas, la coïncidence était un peu trop grosse pour que je me dise que le hasard seul fait bien les choses….

vendredi, 15 février 2013

15/365 Qu’un te…

J’ai un papa qui parfois me traite de soupe au lait. S’il a effectivement un talent particulier – qu’il partage avec quelques happy few – pour piquer là où ça me gratte, je connais des gens qui ne me considèrent pas comme excessivement sujet à la quinte… voire difficile à énerver – même s’il est des sujets où je peux faire montre de passion !

Aujourd'hui quinte…

Nan, mais sans blague, vous vous foutez de moi ou quoi ? C’est quoi cette définition à la con du mot quinte* que vous me filez ? 

Aucun rapport avec le chiffre 5 ; ou encore avec la toux !

*Quinte : caprice, mauvaise humeur qui prend tout à coup…

Oh nanméo, vous l’avez déniché où celle-là ? 

Alors je vais vous dire je n’écrirais rien là-dessus, moi je veux de la vraie définition tout de suite, allez hop ! 

C’est vrai quoi, je ne suis pas n’importe qui…

J’attend…

Blues(015/366)

Venez nous rejoindre, d’autres 366 obsolètes

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