Egalité écorchée

Il est (fortement) question d'appliquer une nouvelle franchise sur certaines pratiques médicales et sur la vente des médicaments pour combler (un peu) le trou de la sécu. Ah ce fameux trou de la sécu[1]. On nous en rabâche les oreilles tous les ans, au moins pour justifier certains déremboursement de médicaments. On a déjà, dans le désordre :

  • Les cotisations patronales et salariales (jettez un œil sur vos feuilles de paie)
  • La CSG et la CRDS (tiens elle ne devait justement pas servir à combler le trou celle-ci ?)
  • Une franchise d'un euro sur les visites médicales (prises en charge par les mutuelles — qui bien sûr nous le font payer via les cotisations patronales et salariales — il me semble)
  • La non prise en charge totale des soins et des médicaments (là aussi pris en charge partiellement par les mutuelles)

Pourquoi créer de nouveau une nouvelle taxe dont l'assiette repose uniquement sur ceux qui utilisent cette sécurité sociale. L'idée générale à sa création (juste après la deuxième guerre mondiale) était de faire payer à tous en fonction de leurs possibilités les soins et les médicaments des malchanceux qui en avaient besoin. Non ? N'était-il pas plus juste d'augmenter la CRDS, la CSG ou les cotisations ? Ah mais non, l'assiette n'est pas la même ! Comment responsabiliser les malades si on fait payer les bien-portants ! On ne peut pas bien sûr.

Pour moi l'état (le pays) est censé s'organiser pour protéger les biens et les personnes, pour instruire les enfants, pour mutualiser les ressources afin de faire face aux risques (santé, chômage, …) et pour assurer nos libertés. Nous payons des impôts pour financer cette organisation et cela est normal tant qu'on le fait en fonction de nos capacités respectives. C'est un principe d'égalité. Celui qui est inscrit dans notre devise. En faisant payer les malades uniquement, on y déroge et c'est pour moi remettre en cause un des fondements de notre société.

Heureusement j'ai les moyens de payer cette nouvelle franchise. Je diminuerai d'autant ce que je peux dépenser en loisirs ou en vacances. Je suis encore privilégié de ce point de vue. Mais combien sommes nous dans ce cas ? Et combien sont-ils à ne pas pouvoir ? Est-ce vraiment cela qu'une majorité de français a choisi aux dernières élections présidentielles ?

Notes

[1] D'ailleurs il suffirait qu'on arrête de rembourser pendant une semaine pour qu'il soit comblé !

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