Le black aux sourates

Debout, appuyé sur un coussin qui orne le passage entre deux voitures du tram, il me dépassait largement d’une demi-tête. Habillé d’un pantalon gris clair et d’un trench-coat — ou quelque chose y ressemblant — noir, il tenait à la main une sorte de grand livre plutôt plat. Une besace accrochée à son épaule gauche balançait doucement à la faveur des cahots de la conduite.

J’écoutais de mon côté, les écouteurs vissés dans les oreilles, un billet de François Morel, souvent assez juste sinon amusant, ce qui ne m’empêchait pas d’entendre en fond l’étrange bruit qu’il faisait. Il portait lui aussi des écouteurs et j’ai supposé qu’il écoutait une musique, la radio, ou … allez savoir, peut-être rien ? Et pendant ce même temps il psalmodiait ce qu’il semblait lire dans son livre.

Une jolie écriture arabe, de deux couleurs, noire et rouge, sur un papier légèrement jauni, par le temps ou par choix de l’éditeur, le tout enfermé dans une reliure qui m’a semblé être du cuir d’un rouge profond et orné d’enluminures dorées.

Je l’ai observé distraitement pendant quelques minutes et ai finalement remarqué la jeune femme aux cheveux couverts d’un foulard qui souriait légèrement en le regardant ; communion ?

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